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La deuxième Commission de
l'Assemblée générale adopte un projet de résolution présenté par
Israël
Prof. Philippe WECKEL |
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Vice Prime Minister and Minister of Foreign
Affairs Tzipi Livni welcomed this first adoption by the UN of an
Israeli-sponsored resolution on agricultural technology. The
adoption of this resolution represents a great diplomatic
achievement for Israel. The resolution places Israel on the map
as a leading actor in global affairs, not limited to the Israeli-Palestinian
conflict. FM Livni praised the intensive efforts of the
ministry’s International Affairs Division and its delegation to
the United Nations which led to this successful outcome.
Following the
adoption of the resolution, Ambassador Dan Gillerman, Permanent
Representative of Israel to the UN, said:
"This first, historic Israeli-initiated
resolution adopted by the UN is a signal of Israel’s exceptional
contribution to the world. Israel will continue to share its
creative and innovative ideas, and will demonstrate that it is
an equal, respected member at the UN, having much to offer to
the organization's agenda, and beyond the Israeli-Palestinian
conflict."
In his statement
following the adoption of the resolution, Israeli Counsellor
Ilan Fluss told the General Assembly:
"The introduction and now adoption of this
resolution signifies a momentous occasion for my delegation. It
represents recognition of the potential and substantial
contribution Israel can make to the work of the United Nations,
and that those efforts are indeed welcomed by the international
community. It sends a message to the membership, especially the
developing countries, and international organizations involved
in these fields, that we wish to engage with them and the UN
Secretariat to assist their development efforts.
Development has always been an issue of
tremendous importance to Israel, since its earliest days of
statehood and whiles still a developing nation. Through
MASHAV -
the Ministry of Foreign Affairs Centre for International
Cooperation - Israel has for 50 years worked to advance
development and help countless nations build capacities in a
variety of fields around the world, including in our region, and
to cooperate with our neighbours until today. This resolution
compliments Israel's development agenda and the role it plays on
the bureau of the coming CSD-16.
We are pleased that this initiative brought
together a wide spectrum of co-sponsors and earned the support
of this Committee, which shows the undeniable importance of this
resolution. Beyond its contribution to sustainable development
and achieving the MDGs though, this resolution demonstrates the
resolve and commitment to working together, making our impact on
the global order that much greater
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La mise aux voix du
projet de résolution a été demandée par le représentant de
la Tunisie. Il a souligné que le Groupe arabe, au nom
duquel il s’exprimait, avait abordé les négociations sur ce
texte de manière constructive mais que les amendements qu’il
avait proposés n’avaient pas été pris en compte de manière
satisfaisante. Le représentant a d’autre part indiqué que
des événements récents avaient renforcé la conviction du
Groupe arabe selon laquelle Israël n’est nullement préoccupé
par les questions des technologies agricoles mais prétend
s’y intéresser dans toutes les parties du monde autre que
les terres arabes occupées. Le représentant de la Tunisie a
ainsi fait référence à l’annonce qui a été récemment faite
par Israël de créer 307 colonies de peuplement sur des
terres agricoles palestiniennes dans la zone de
Jérusalem-Est occupée. Ces implantations viendraient
s’ajouter à celles déjà existantes dans le Golan syrien
occupé et à l’occupation continue des fermes de Shebaa au
Liban. Ce sont toutes ces considérations qui ont amené le
Groupe arabe à demander un vote sur ce projet de résolution,
a précisé la délégation tunisienne.
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La seconde commission
(économique et financière) de l’Assemblée générale des Nations unies
a
adopté le 10 décembre 2007 un projet de résolution relatif aux
technologies agricoles au service du développement dont Israël a pris
l’initiative.
Ce dernier a présenté l’événement comme un succès majeur de sa
diplomatie qui récompense un investissement international dans un
domaine où il peut se prévaloir d’une expérience particulière
(l’exploitation et le développement des zones arides ou désertique).
Les propos des diplomates israéliens sont un peu grandiloquents, mais
ce trait trahit une émotion, une satisfaction rare, le plaisir de
savourer un moment exceptionnel. Israël se montre utile à l’humanité,
à la Communauté mondiale. Le rôle et le savoir faire d’Israël dans un
domaine important relevant du premier objectif de la Déclaration du
Millénaire sont reconnus. Il fait la preuve de sa capacité à mener
une initiative diplomatique jusqu’au consensus mondial. Il a bénéficié
du soutien actif des institutions internationales. Il n’est que de
considérer le nombre d’Etats qui a parrainé le projet israélien pour
mesurer l’accueil favorable qui lui a été réservé. Pour la délégation
israélienne à l’ONU habituée à ne s’impliquer en première ligne que
lorsque ses intérêts de sécurité sont en jeu ou que le conflit
israélo-palestinien est évoqué, l’expérience a été nouvelle et très
valorisante.
Hélas la fête a été un peu
gâchée lorsque la Tunisie, au nom des pays arabes, a demandé le passage
aux voix pour l’adoption du projet israélien. Israël en parangon de la
solidarité internationale, cela ne passe pas pour tous ! Expliquez
donc au maraicher gazaouï, qui ne peut plus accéder à ses tomates
depuis qu’une zone de sécurité a été établie, qu’Israël est le
champion du développement agricole. Et les propriétaires palestiniens
des oliveraies détruites qu’en pensent-ils ? Les mamans qui parcourent
Gaza désespérément pour trouver du lait en poudre pour leur bébé
seront heureuses d’apprendre la sollicitude d’Israël pour
l’alimentation des enfants dans le monde, l’autre monde, le monde
extérieur. L’exaspération des pays arabes s’explique surtout par le
climat tendu créé par l’annonce de l’extension de la colonisation à
Jérusalem-Est quelques jours avant l’ouverture officielle des
négociations israélo-palestiniennes. Cette politisation du débat a été
vivement critiquée par de nombreux Etats qui considèrent que le
consensus devrait être de règle dans le domaine du développement
Le projet de résolution
israélien a été adopté par 118 voix pour et 29 abstentions. Après une
telle majorité et l’absence d’opposition il pourra certainement être
adopté par consensus par l’Assemblée générale. Les pays arabes ont,
par leur attitude somme toute modérée, rappelé, un rappel sans frais,
le poids du conflit israélo-palestinien et des relations
israélo-arabes sur l’action diplomatique de l'Etat hébreu. Ainsi, ils
n’ont pas perçu la démarche de ce dernier comme une pure provocation ;
ils ne se sont pas opposés à son implication dans les activités
d’intérêt commun, sa participation active dans la Communauté
internationale. Le rôle qu’Israël entend jouer dans le développement
agricole n’est donc pas contesté, même si les priorités qui s’imposent
aujourd’hui à sa diplomatie lui ont été remis en mémoire. L’événement
d’apparence modeste est peut-être historique, à condition que le
processus de paix réussisse.
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In favor: Afghanistan, Albania, Andorra, Angola,
Antigua and Barbuda, Argentina, Armenia, Australia, Austria,
Bahamas, Barbados, Belgium, Belize, Benin, Bhutan, Bolivia,
Bosnia and Herzegovina, Botswana, Brazil, Bulgaria, Burkina
Faso, Cambodia, Canada, Central African Republic, Chile, China,
Colombia, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Croatia, Cyprus,
Czech Republic, Denmark, Ecuador, El Salvador, Eritrea, Estonia,
Ethiopia, Finland, France, Georgia, Germany, Ghana, Greece,
Guatemala, Guinea, Guyana, Haiti, Honduras, Hungary, Iceland,
India, Ireland, Israel, Italy, Jamaica, Japan, Kazakhstan,
Kenya, Lao People's Democratic Republic, Latvia, Liberia,
Liechtenstein, Lithuania, Luxembourg, Madagascar, Malawi, Malta,
Marshall Islands, Mauritius, Mexico, Micronesia (Federated
States of), Moldova, Monaco, Mongolia, Montenegro, Mozambique,
Myanmar, Nauru, Nepal, Netherlands, New Zealand, Norway,
Pakistan, Palau, Panama, Paraguay, Peru, Philippines, Poland,
Portugal, Republic of Korea, Romania, Russian Federation, Saint
Lucia, San Marino, Senegal, Serbia, Singapore, Slovakia,
Slovenia, Spain, Sri Lanka, Suriname, Sweden, Switzerland,
Thailand, The former Yugoslav Republic of Macedonia, Tonga,
Turkey, Ukraine, United Kingdom, United States, Uruguay,
Uzbekistan, Venezuela, Viet Nam.
Against: None.
Abstaining: Algeria, Bahrain, Brunei Darussalam,
Djibouti, Egypt, Indonesia, Iraq, Jordan, Kuwait, Kyrgyzstan,
Lebanon, Lesotho, Libya, Malaysia, Mauritania, Morocco, Niger,
Oman, Qatar, Saudi Arabia, South Africa, Sudan, Swaziland, Syria,
Tunisia, United Arab Emirates, Yemen, Zambia, Zimbabwe.
Absent: Azerbaijan, Bangladesh, Belarus, Burundi, Cameroon,
Cape Verde, Chad, Comoros, Cuba, Democratic People's Republic of
Korea, Democratic Republic of the Congo, Dominica, Dominican
Republic, Equatorial Guinea, Fiji, Gabon, Gambia, Grenada,
Guinea-Bissau, Iran, Kiribati, Maldives, Mali, Namibia,
Nicaragua, Nigeria, Papua New Guinea, Rwanda, Saint Kitts and
Nevis, Saint Vincent and the Grenadines, Samoa, Sao Tome and
Principe, Seychelles, Sierra Leone, Solomon Islands, Somalia,
Tajikistan, Timor-Leste, Togo, Trinidad and Tobago, Turkmenistan,
Tuvalu, Uganda, United Republic of Tanzania, Vanuatu
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Prise de position du Comité international de la
Croix-Rouge sur la situation humanitaire en Cisjordanie et à Gaza
Prof. Philippe WECKEL |
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Le
CICR rompt rarement avec la discrétion qu’il s’impose, mais il
n’hésite pas non plus à user de son autorité morale pour intervenir
dans certaines situations exceptionnelles. La concomitance de
l’engagement des négociations israélo-palestiniennes et de récentes
prises de position du CICR prend donc une signification particulière.
Rapport
:
Déni de dignité dans les territoires palestiniens occupés.
Le
rapport de novembre 2007 n’a pas pour objet de dénoncer l’occupation
israélienne ou d’apprécier la manière dont cet Etat remplit ses
obligations internationales. Toute référence aux instruments du droit
humanitaire est d’ailleurs soigneusement écartée. Le CICR s’attache à
montrer que les conditions d’existence auxquelles les populations de
Cisjordanie et de Gaza sont soumises sont attentatoires à la dignité
de la personne. Subissant des restrictions considérables dans leur vie
sociale et économique, les Palestiniens ne vivent pas, ils survivent.
Le rapport souligne également la dégradation accélérée de la
situation, notamment à Gaza. Il montre ainsi que le maintien du statu
quo politique n’est absolument pas une option au regard du sort de ces
populations prises en otage dans les conflits inter palestiniens et
avec Israël. Ainsi est justifié l’appel pressant au règlement
politique qui conclut ce rapport :
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Appel pour une vie digne
Jour après jour, la dignité des Palestiniens est foulée aux
pieds, en Cisjordanie comme à Gaza.
Les mesures de sécurité très dures prises par Israël ont un coût
énorme en termes humanitaires, laissant à ceux qui vivent sous
l'occupation juste de quoi survivre, mais pas assez pour vivre
une vie normale et digne.
Israël a le droit de protéger sa propre population civile.
Cependant, il devrait toujours y avoir un juste équilibre entre
les légitimes préoccupations sécuritaires d’Israël et la
protection des droits et libertés des Palestiniens vivant sous
occupation. Jusqu'à présent, cet équilibre n'a pas été trouvé.
Les 1,4 million de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza
continuent à payer de leur santé et de leurs moyens d'existence
le prix du conflit et des restrictions économiques. Couper
l’approvisionnement en électricité et en combustible ne fait
qu'aggraver encore leur souffrance, et c'est contraire aux
principes humanitaires fondamentaux.
En Cisjordanie, la présence des colonies israéliennes influe sur
tous les aspects de la vie des Palestiniens et entraîne la perte
de vastes étendues de terres et d'importants revenus, sans
parler de la violence récurrente des colons. D’épuisantes
restrictions de circulation entravent l’accès au travail et ont
causé des taux de chômage et de pauvreté sans précédent.
Seule une action politique rapide, innovatrice et
courageuse pourra changer la dure réalité de cette longue
occupation, assurer au peuple palestinien le retour à une vie
économique et sociale normale et lui permettre de vivre dans la
dignité.
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Communiqué de presse du 13.12.2006.
Le
CICR annonce une détérioration profonde de la situation humanitaire
dans les territoires palestiniens occupés. S’inscrivant dans la
perspective de la conférence des donateurs qui s’ouvrira à Paris le 17
décembre, le texte met l’accent sur les mesures d’urgence qui
devraient être prises par les uns et par les autres pour contenir la
crise :
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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
est particulièrement préoccupé par les conséquences des sévères
restrictions à la circulation des personnes et des biens, qui
exacerbent les difficultés économiques et touchent tous les
aspects de la vie.
« Les mesures imposées par Israël ont un coût énorme en termes
humanitaires, et laissent à la population qui vit sous
occupation juste de quoi survivre, mais pas assez pour vivre une
vie normale et digne », dit Béatrice Mégevand Roggo, chef des
opérations du CICR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. «
La population palestinienne paie beaucoup trop cher les
hostilités constantes entre Israël et les factions
palestiniennes. Sa situation est rendue encore plus difficile
par les rivalités intra-palestiniennes. En fait, cette
population est devenue l'otage du conflit. »
La situation dans la bande de Gaza est alarmante. Ce territoire
a été progressivement bouclé depuis juin : les importations sont
restreintes au strict minimum, et des infrastructures
essentielles, notamment les établissements médicaux et les
systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, sont
dans un état de plus en plus précaire. Des coupures importantes
dans l'approvisionnement en combustibles ajoutent encore à la
situation éprouvante que vivent les gens. En Cisjordanie, les
restrictions très strictes à la circulation des personnes
continuent à gravement entraver la vie sociale et économique de
la population palestinienne.
« Il faut qu'il y ait un juste équilibre entre le droit qu'a
Israël de prendre des mesures pour répondre à ses préoccupations
légitimes en matière de sécurité et le droit des Palestiniens de
mener une vie normale et digne, dit Mme Mégevand Roggo. Dans la
situation actuelle, l'assistance humanitaire à elle seule ne
suffit pas. Elle ne peut pas et ne devrait pas se substituer à
une action politique. »
Avant la conférence des principaux donateurs qui doit se tenir
au début de la semaine prochaine à Paris, le CICR lance donc un
appel pour que des mesures politiques immédiates soient prises
afin d'améliorer la situation humanitaire à Gaza et en
Cisjordanie. De plus, il demande à Israël de respecter les
obligations qui lui incombent en vertu du droit international
humanitaire, d'assouplir les restrictions de circulation dans la
bande de Gaza et en Cisjordanie, et de lever les mesures de
représailles qui paralysent la vie à Gaza. Le CICR appelle aussi
les factions palestiniennes à cesser de prendre pour cible des
zones civiles et de mettre en danger la vie de civils. |
Représailles économiques à Gaza.
On remarque que le « bouclage » de Gaza qui correspond
en réalité à un véritable siège du territoire est qualifié de
« représailles qui paralysent la vie ». Par cette formule qui identifie
l’objet de ces mesures, le CICR n’a certainement pas entendu se
prononcer sur leur licéité.
Or l’interruption des communications et des relations
commerciales ou financières n’est évidemment pas contraire au droit
international dans une situation de belligérance ou lorsqu’un Etat a
recours à cette mesure à titre de représailles économiques. On ne
devrait certes pas punir la population de Gaza. Sur le plan moral on
souscrit volontiers à cette affirmation, mais juridiquement Israël
peut évidemment priver de chocolat les habitants du territoire.
Toutefois l’Etat d’Israël ne peut pas les priver des biens nécessaires
à leur survie. Soulevé au sujet de l’approvisionnement en carburant et
en électricité le problème semble être d’une inextricable complexité.
La Cour suprême d'Israël a rendu un premier jugement en référé sur
cette question le 30 novembre dernier. Le Procureur général d’Israël,
Menachem Mazouz. y travaille actuellement. Il faudra revenir sur ce
problème lorsqu’il sera possible d’y voir plus clair.
Quoiqu’il en
soit Israël agit sans aucun soutien extérieur, pas même des
Etats-Unis, et il ne peut gérer les effets directs et indirects de ses
mesures de blocage en raison des liens croisés entre
l’approvisionnement en eau, en carburant et en électricité. En
multipliant les tirs de roquettes sur Sderot, les activistes de Gaza
sont en passe de réussir à provoquer une crise politique en Israël.
Accusé de faiblesse, le gouvernement misait sur le renforcement des
mesures de représailles économiques. A défaut il pourrait être
contraint d’engager une opération militaire d’envergure dont il sait
pourtant le peu d’efficacité. Pour la plus grande satisfaction des
radicaux des deux bords une telle action briserait sans-doute le
processus de paix.
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Révélations sur les acquis de la
précédente négociation de paix israélo-palestinienne
Prof. Philippe WECKEL. |
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Les négociations de
paix ont été officiellement ouvertes le 12 décembre par une première
réunion consacrée aux questions d’organisation. La rencontre s’est
déroulée dans un climat très tendu provoqué par le lancement d’un
appel d’offres pour la construction de 300 logements israéliens à
Jérusalem Est. Non seulement cette annonce inopportune a suscité des
réactions internationales unanimement négatives, mais elle a aussi
détérioré fortement les relations entre les parties.
Dans ce contexte
morose, la découverte d’un document faisant le point sur la réalité
des négociations à Camp David et à Taba est peut être de nature à
rendre un peu d'espoir. On connaissait les positions officielles
des parties, mais on apprend dans ce texte quelles ont été leurs
concessions au cours de la négociation. On réalise ainsi que le
rapprochement des positions israéliennes et palestiniennes sur les
questions du statut de Jérusalem, des frontières communes et des
droits des réfugiés a été considérable.
Le document de 26
pages a été rédigé par un collaborateur du Premier ministre Barak et
il est intitulé "The Status of the Diplomatic
Process with the Palestinians Points to Update the Incoming Prime
Minister". Il n’est malheureusement pas encore publié et il faut donc
se contenter de la description qu’en fait
Ha’aretz sous la plume de Barak Ravid :
Document shows progress on core issues at Camp David summit
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Commission de Consolidation de la
Paix : adoption du Mécanisme de suivi et de contrôle du Cadre
stratégique pour le Burundi
Aude Vasseur
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La
Commission de Consolidation de la Paix a adopté le
Mécanisme de suivi et de contrôle du Cadre stratégique pour
le Burundi. Rappelons que le
Cadre stratégique fixe les objectifs des activités de
consolidation de la paix dans 8 domaines prioritaires : la promotion
de la bonne gouvernance, l’achèvement de la mise en œuvre de l’Accord
de cessez-le-feu entre le Gouvernement et le PALIPEHUTU-FNL, la
réforme du secteur de la sécurité, la réforme du domaine de la justice
et la justice transitionnelle, le relèvement socio-économique, la
mobilisation et la coordination de l’aide internationale, la dimension
régionale et l’intégration de la question des genres dans la poursuite
du processus de consolidation de la paix. Le Cadre stratégique analyse
également les défis et risques liés à chaque domaine et pose comme
principes l’appropriation nationale et responsabilité principale du
Gouvernement et de la population dans les efforts de consolidation de
la paix. Elaboré par la Commission et le Gouvernement en collaboration
avec les principaux acteurs de la consolidation de la paix intervenant
sur le terrain, le Cadre stratégique indique aussi les engagements
pris par tous les acteurs afin d’atteindre les objectifs fixés dans
chaque domaine.
Le Mécanisme de suivi et de contrôle
définit les moyens d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en
œuvre de ces objectifs. Le mécanisme de contrôle comprend trois
composantes. Premièrement, le Groupe de coordination des partenaires
pour le Burundi doit permettre, sur le terrain, la concertation, la
coordination et l’évaluation des efforts de consolidation de la paix.
Il comprend trois niveaux : à la base, des modules sectoriels
coordonnés par le Groupe de suivi et d’évaluation du Document
stratégique pour la réduction de la pauvreté. Au même niveau, un autre
groupe de suivi sera chargé de surveiller la mise en œuvre du Cadre
stratégique. Au second niveau, le Forum stratégique du Groupe de
coordination des partenaires aura pour mission d’étudier les
principales questions identifiées par les modules sectoriels. Au
troisième niveau, le Forum politique du Groupe de coordination des
partenaires débattra des questions permettant d’établir les rapports
qui seront examinés par la Commission de Consolidation de la Paix. Le
fonctionnement de ces éléments est fondé sur les principes de
flexibilité et de pragmatisme. Deuxièmement, la matrice et les
rapports intermédiaires ont pour objet le suivi de l’exécution des
engagements pris par les différents intervenants, des apports du
Gouvernement et des progrès accomplis dans la réalisation des
objectifs posés par le Cadre stratégique. Le mécanisme de contrôle
définit donc les différents éléments qui devront faire l’objet d’une
étude dans les rapports intermédiaires. Le Président du Bureau intégré
des Nations Unies au Burundi (BINUB)
a rappelé que, dans ce domaine, il est important de réduire la
bureaucratie afin de permettre au Gouvernement de concentrer ses
efforts sur la mise en œuvre des objectifs (voir le
communiqué du 5 décembre 2007). Troisièmement, le mécanisme de
contrôle prévoit des réunions de la Commission de Consolidation de la
Paix pour étudier les rapports élaborés par le Groupe de coordination
des partenaires.
Le mécanisme de suivi doit donc
permettre une évaluation concrète des progrès réalisés, puisqu’il
définit pour chaque domaine des objectifs datés et des indicateurs
d’évaluation des progrès réalisés. Il pourra être adapté en fonction
de l’évolution de la situation (voir la
dépêche du 6 décembre 2007). Notons également que l’adoption de ce
mécanisme s’inscrit dans une approche intégrée de la consolidation de
la paix, puisque, d’une part, le mécanisme a été adopté, comme le
Cadre stratégique, sur la base de consultations entre la Commission,
le Gouvernement et les autres intervenants, et, d’autre part, il a été
présenté au Conseil de Sécurité par le Président de la formation
Burundi de la Commission de Consolidation de la Paix (voir le
communiqué du 6 décembre 2007). Le Conseil de Sécurité a également
procédé à l’audition du Facilitateur pour le processus de paix au
Burundi le 28 novembre dernier (voir le
communiqué du 28 novembre 2007). Enfin, le Secrétaire général a
informé le Conseil de Sécurité des les activités du BINUB conformément
à la
résolution 1719 (2006) et a fait état, dans son
rapport, des activités liées à la Commission de
Consolidation de la Paix. Il a aussi fait part de ses inquiétudes
quant à la situation politique dans le pays, qui se trouve
déstabilisée par la division interne des partis politiques et les
difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de l’Accord de
cessez-le-feu entre le Gouvernement et le PALIPEHUTU-FNL entraînant
une aggravation de la situation sécuritaire.
Le mécanisme de suivi constitue donc une
nouvelle étape dans les travaux de la Commission de Consolidation de
la Paix et lui permettra d’identifier les défis posés par la mise en
œuvre des mesures concrètes. La Commission de Consolidation de la
Paix, un an après sa création (voir
Sentinelle n°124), est donc prête à remplir pleinement et
efficacement ses fonctions au Burundi. Récemment, elle a également
franchi de nouvelles étapes concernant ses travaux dans d’autres pays,
en adoptant le Cadre de coopération en Sierra Léone (voir le
communiqué du 13 décembre 2007) et en acceptant d’inscrire la
Guinée-Bissau à son ordre du jour (voir la
dépêche du 12 décembre 2007).
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CIJ, Différend territorial et maritime (Nicaragua c. Colombie) -
Arrêt du 13 décembre 2007
Prof. Philippe WECKEL |
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Texte de l'Arrêt |
L'arrêt tranche certaines des
exceptions préliminaires soulevées par la Colombie dans le différend
qui l'oppose au Nicaragua au sujet de l'archipel de San Andreas qui
est situé dans la mer des Caraïbes. Ces questions ne sont pas
inintéressantes en ce qu'elles soulèvent le problème des rapports
entre un titre particulier de compétence de la Cour et les
déclarations facultatives de juridiction obligatoire. L'application de
l'article 36 paragraphe 2 du Statut est à situer dans un rapport de
subsidiarité avec les titres conventionnel de compétence. Le problème
de la distinction entre les questions de compétence et celles de
recevabilité est également bien mis en évidence dans cette affaire.
Mais cette affaire complète
parfaitement l'arrêt rendu par la Cour en octobre dernier sur le
différend entre le Nicaragua et le Honduras au sujet de la
délimitation maritime de leurs côtes atlantiques. Cette fois la
mission de la Cour est centrée sur un archipel dont les trois îles
principales relèvent incontestablement de la souveraineté de la
Colombie. La Cour aura à se prononcer sur l'attribution éventuelle
des poussières de terre situées dans la zone, ces formations maritimes
mineures qui n'ont pas d'histoire propre généralement et sont souvent
mêmes mal identifiées, récifs, cayes ou rochers, terres fermes ou
hauts-fonds découvrants. Elle devra également procéder à la
délimitation maritime dans cette zone. La notion d'archipel tend à
l'unification des espaces, celle de formations maritimes mineures à
leur fragmentation.
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Le Niger et le Burkina Faso bientôt devant la Cour
Internationale de Justice
Abdoul Abdoulaye MOUSSA
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Documents:
Sécurité transfrontalière
Niger-Burkina Faso
Le Niger, 26/11/2007, p.5

rapport de la réunion
d’experts sur le Programme frontière de l’Union
africaine
Bamako, Mali, 8 - 9 mars 2007

IL EST IMPORTANT DE DÉLIMITER LES FRONTIÈRES ENTRE
ÉTATS AFRICAINS AVANT QU’ELLES NE DEVIENNENT SOURCE DE CONFLIT,
RECOMMANDE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
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Dans la soirée du 22 Novembre, s’achevait à Ouagadougou une rencontre
ministérielle entre une délégation Nigérienne et une délégation du
Burkina Faso chargées de l'administration territoriale, donnant lieu à
un communiqué conjoint. Ce communiqué conjoint prévoit notamment
l’accélération du processus de signature du compromis devant conduire
les deux Etats devant la cour de La Haye. La rédaction de ce compromis
avait été retardée par les différences d’interprétations des textes
par la commission mixte d'abornement de la frontière Burkina-Niger.
Cette déclaration conjointe tombe à point nommé, dans un climat marqué
par une tension accrue entre les deux Etats face à ce qui semble
devenir l’un des problèmes de souveraineté contemporains de cette
région d’Afrique, c’est-à-dire les conflits territoriaux.
Par cette déclaration conjointe, les deux parties s’engagent à
s’abstenir de tout acte de souveraineté dans la zone géographique à la
source du litige en attendant une décision de la Cour Internationale
de Justice.
Il s’agit pour chacune des deux parties de leur deuxième passage
devant la cour pour un conflit similaire. En effet, le Burkina Faso et
le Mali avaient déjà fait appel à la cour pour régler la question de
la localité de Djibasso, dans laquelle un conflit entre ressortissants
Maliens et ressortissants Burkinabés avait éclaté. Le Niger quant à
lui, a réglé avec le Bénin un conflit territorial relatif à l’île de
Lété Goungou par l’arrêt du 12 juillet 2005 de la même cour.
Le procédé semble donc devenir la règle. Alors que le Burkina Faso et
le Mali s’étaient affrontés à deux reprises, en 1974 et en 1985 avant
de porter l’affaire sur la table de la cour de La Haye et que des
affrontements avaient également éclaté en 1960 et en 1963 entre
Nigériens et Béninois, il semble aujourd’hui que les pays de l’Afrique
de l’Ouest préfèrent laisser les canons dans leurs casernes et régler
leurs différends par des voies juridiques, ce qui est évidemment tout
à leur honneur.
Les deux Etats se sont donc engagé en attendant le verdict de la cour
Internationale de Justice, à soumettre toute nouvelle réalisation
socio-économique à une approbation tacite des gouverneurs de la zone
concernée dans un délai convenu de trois mois.
En cas de non-respect de ce point de l’accord, les gouverneurs peuvent
saisir leurs homologues pour suspendre tout ouvrage en attendant une
décision des ministres concernés.
Des rencontres ont été aussi prévues entre les deux ministres chargés
de l’administration territoriale mais aussi entre les préfets pour
renforcer la coopération.
L’affaire suit donc son cours.
Notons enfin que parallèlement à ce différend se profile de plus en
plus la probabilité de conduire devant la Cour Internationale de
Justice le différend frontalier entre le Burkina Faso et le Bénin … À
suivre.
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L’avenir du Kosovo
Julien Chesnel
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Mardi 11 décembre 2007, le Groupe de contact a remis
au Secrétaire général des Nations unies son rapport sur le travail
entrepris par la Troïka avec les dirigeants serbes et kosovars depuis
le mois d'août. La Troïka a essayé en vain de trouver une solution au
problème du Kosovo mais est arrivée à la conclusion selon laquelle les
négociations ne pourraient aboutir.
Belgrade et Pristina n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur
l’avenir de l’actuelle province serbe. La fin du statu quo a désormais
sonné. Pour les Etats-Unis et l’Union européenne, le statut du Kosovo
doit être mis en place tout en offrant des garanties à la minorité
serbe.
Les Occidentaux ont prévu un plan diplomatique
prévoyant l’accession du Kosovo à l'indépendance après la tenue de
l'élection présidentielle en Serbie, dont les deux tours auront lieu
le 20 janvier et le 3 février 2008. Ils souhaitent ainsi encourager la
réélection de l’actuel président serbe Boris Tadic affaibli par les
courants ultranationalistes. Hashim Thaci, ex-chef politique de
l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et actuel leader du Parti
démocratique du Kosovo (PDK), mandaté pour devenir le premier ministre
du Kosovo, s’est engagé à ne pas proclamer l’indépendance avant le
scrutin serbe. Il a entamé, mercredi 12 décembre, les négociations
avec la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) pour former un gouvernement
de coalition. Américains et Européens ont prévu l’envoi par l'Union
européenne d’une mission civile au titre de la politique européenne de
sécurité et de défense au Kosovo en se fondant sur une interprétation
souple de la
résolution 1244 de l'ONU, votée en juin 1999 et prévoyant « une
présence internationale civile » dans la province. Cette mission,
composée de 1 800 policiers, magistrats et douaniers, sera en nombre
la plus importante jamais créée. Son mandat est renforcé par rapport à
celle qui existe en Bosnie. Parallèlement, contrairement à ce qui
avait été initialement prévu, le secrétaire général des Nations Unies,
Ban Ki Moon, ne proposera pas à l’Union européenne le déploiement de
la mission. Devant la contestation russe, le secrétaire général des
Nations Unies est censé seulement proposer une diminution de la
Mission intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) et ne pas
s’opposer au déploiement de la mission européenne. Ainsi, même
indépendant, le Kosovo serait sous la surveillance étroite de la
communauté internationale et plus particulièrement de l’Union
européenne. La prochaine étape est fixée au 19 novembre 2007, date à
laquelle le Conseil de sécurité va se réunir pour discuter du Kosovo.
Des interrogations subsistent face aux exigences russes.
Les dissensions au sujet de l’indépendance du Kosovo
sont nombreuses. Tout d’abord, la
Russie s’oppose aux
Etats-Unis et à l’Union européenne et fait planer le doute de
l’utilisation de son véto en cas de vote aux Nations Unies d’une
résolution autorisant l'indépendance du Kosovo. Certaines conséquences
de l’indépendance du Kosovo ne sont pas prises en compte par les
Etats-Unis et par certains pays d’Europe. Celles-ci sont soulignées
par la Russie et par certains pays européens contre l’indépendance du
Kosovo. En effet, cette indépendance pourrait donner des idées aux
provinces et régions de certains pays telles que la Tchétchénie en
Russie ou la Transnistrie en Moldavie. En outre, l’indépendance du
Kosovo pourrait susciter des idées chez les autres minorités des
régions balkaniques. Il est ainsi légitime de se demander ce qui
empêcherait la déclaration d’indépendance de la Republika srpska de
Bosnie. Dans
sa réunion hebdomadaire avec la presse du 10 décembre 2007, Sean
McCormack, porte parole du Department of State américain, a affirmé
qu’il voyait la situation du Kosovo comme étant sui generis.
Sean McCormack fait cependant preuve d’une certaine mauvaise foi
lorsqu’on lui pose la question “do you see any similar movements in
other places in the Balkans to declare independence if Kosovo gets
independence?” et qu’il répond “I’m not aware of any”.
Ainsi, le soutien des Etats-Unis à l’indépendance du Kosovo tout en
gardant à l’esprit le
plan Ahtisaari, qui prévoit l’indépendance surveillée du Kosovo,
n’est pas sans poser de problème.
Par ailleurs, au sein de l'Union européenne, la
reconnaissance du Kosovo ne va pas de soit. Les pays comme Chypre, la
Roumanie et la Grèce, refusent de reconnaître l’indépendance du
Kosovo. Toutefois, ils ont accepté de ne pas bloquer politiquement le
déploiement de la mission européenne. Les ministres des Affaires
étrangères des Vingt-Sept se sont réunis le 10 décembre 2007 en
présence du médiateur européen Wolfgang Ischinger. Selon le secrétaire
d’Etat aux affaires européennes,
Jean-Pierre Jouyet, « le fait qu'il y ait des processus de
reconnaissance étalés dans le temps ne signifie pas que l'unité de
l'Union européenne est remise en cause ». Il est clair que les Etats
européens n’ont pas la même vision quant à l’indépendance du Kosovo.
Cela est également visible dans la réaction de certains Etats en cas
de proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo par les
Albanais. Le ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne a
déjà annoncé sa position. D’autres restent plus timorés.
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Obs. L'accusation de mauvaise foi est inappropriée. Il n'y a
vraiment aucune comparaison possible entre la situation du Kosovo et
les autres situations dans lesquelles un risque de sécession peut
apparaître. Dans ces dernières, en Russie, en Géorgie, en Moldavie,
en Bosnie-Herzégovine, à Chypre, il y a toujours un Etat qui détient
la compétence territoriale à titre de souverain, même lorsqu'il
n'est pas en mesure de l'exercer en raison de la présence d'une
autorité de fait qui échappe à son contrôle. Au Kosovo aucun Etat ne
détient plus une telle compétence. Après le transfert de compétence
opéré par la Résolution du Conseil de sécurité, la Serbie n'a rien
conservé de son ancienne juridiction sur ce territoire. Et la Serbie
ne peut même pas s'en plaindre, puisqu'elle a donné son accord au
transfert à l'ONU et qu'elle est partie du Kosovo (PW). |
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Archive |
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Projet de loi sur l’Institut judiciaire du Kosovo, M. Laidi
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Question de l'indépendance du Kosovo - la perspective (encore
lointaine) de blocage au Conseil de sécurité n'affecte pas
l'assurance de l’Union Européenne. Karine RINALDI.
-
Rapport de la Commission internationale sur les Balkans, M. Laidi
-
Statut final du Kosovo : entrée dans la
« phase décisive ». Karine RINALDI
-
Statut
final du Kosovo : présentation au Groupe de contact, aux Serbes et
aux Albanais des propositions de M. Ahtisaari, S, Cassella
-
TPIY, Kosovo, transfert du colonel Sreten
Lukic (A. SAMPO)
-
TPIY, Kosovo, transfert du général
Lazarevic à La Haye (A.SAMPO)
-
TPIY/ Kosovo : Ouverture du procès de
Ramush Haradinaj, Idriz Balaj et Lahi Brahimaj Antonella SAMPO
-
TPIY, Kosovo deux nouveaux acquittements
et une condamnation pour torture Antonella SAMPO
-
TPIY, libération provisoire de l'ancien
Premier ministre du Kosovo (A. SAMPO)
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CDH : réouverture des travaux de la 6° session
marquée par le 59° anniversaire de la DUDH.
Karine RINALDI
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Le
Conseil des droits de l'homme
vient de tenir, du 10 au 14 décembre, la seconde partie de sa sixième
session, sous la présidence du Roumain Mr Doru Romulus Costea. La
procédure d’examen, de rationalisation et d'amélioration des mandats
de ses procédures spéciales engagée en septembre dernier a été
poursuivie avec les mandats du
Représentant du Secrétaire général sur les
personnes déplacées dans leur propre pays, des
Rapporteurs spéciaux chargés des questions de la
santé, du
logement et de la
protection des droits de l'homme dans le
cadre de la lutte antiterroriste, du Rapporteur
spécial sur la situation des droits de l'homme au
Soudan et de l'Expert
indépendant sur la coopération technique et les services consultatifs
au
Libéria. Le Conseil a
par ailleurs été saisi des rapports annuels de Mr Rodolfo
Stavenhagen, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme
et des libertés fondamentales des populations autochtones (documents
A/HRC/6/15 et Add. 1 à 3); et de Mr Martin Scheinin, Rapporteur
spécial sur la protection des droits de l'homme dans le cadre de la
lutte antiterroriste (documents A/HRC/6/17 et Add. 1 à 4). Le Conseil
a également
examiné le suivi de ses décisions
concernant les situations au Darfour et au Myanmar. Au cours de la
semaine, il a aussi examiné le rapport du Groupe de travail sur le
projet de protocole facultatif au Pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels prévoyant une procédure
de plainte (A/HRC/6/8). Dans ce cadre également, il a examiné la
question du statut du Comité des droits économiques, sociaux et
culturels, en vue de le mettre sur le même plan que tous les autres
organes conventionnels, conformément au droit international des
traités.
La reprise des travaux le 10 décembre a
été conjointement marqué par une
cérémonie de célébration du 59ème anniversaire de la
Déclaration universelle des droits de l'homme,
Journée des droits de l'homme et lancement d’une
Campagne
de sensibilisation d'une durée d'un an sur la Déclaration qui
durera jusqu'aux 60 ans du texte traduit
en plus de 360 langues. Selon les mots du
Secrétaire général de l'ONU, « l'extraordinaire vision et la
détermination des auteurs ont produit un document qui, pour la
première fois, établissait les droits humains universels pour tous les
peuples dans un contexte individuel ». Mais,
des gouvernements continuant de dénier systématiquement à leurs
citoyens la jouissance de leurs droits fondamentaux, le travail entamé
il y a soixante ans est bien loin d'être achevé. Selon le représentant
du Brésil, au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des
Caraïbes (GRULAC), il reste du chemin à parcourir pour relever le défi
de l'application des instruments dans la réalité. Il a souligné que
les pays du GRULAC ont mis en place un mécanisme d'évaluation et de
révision universel dans lequel ils placent d'importants espoirs quant
à sa mise en œuvre. Il a également été affirmé, notamment par le
représentant de Cuba au nom du Mouvement des pays non-alignés, que la
Déclaration souffre de lacunes, en particulier de droits économiques,
sociaux et culturels, y compris le droit inaliénable au développement.
Mr Philippe Texier, Président
du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, a par ailleurs
indiqué que d'autres comités pourraient voir le jour ces prochains
mois, concernant en particulier les droits des personnes handicapées,
un thème relativement peu politisé. Les 4 étudiants bénéficiaires de
bourses du Haut
Commissariat aux droits de l'homme pour les pays les moins avancés ont
également présenté des témoignages.
« Cette journée », selon la Haut Commissaire aux droits de l’homme,
« est également pour faire état de nos manquements personnels et
collectifs à dénoncer la violence, le racisme, la xénophobie, la
torture, la répression des opinions divergentes et les injustices de
toutes sortes ».
Le Haut Commissariat aux droits de l'homme
met à disposition des communautés et des organisations un ensemble
d'outils ainsi qu'un site web intitulé
Connaissez vos droits 2008.
Concernant le Comité des
droits économiques, sociaux et culturels, le Conseil
a entendu une déclaration de Mr Philippe Texier, Président du
Comité, qui a
présenté une note du Secrétariat sur la « Rectification du statut
juridique du Comité des droits économiques, sociaux et culturels
», suite à la décision du Conseil d'engager un processus visant à
rectifier le statut juridique de ce Comité en vue de le mettre sur le
même plan que tous les autres organes de suivi des traités. Cependant,
aux yeux des membres du Comité, ce changement de statut n’est pas une
priorité. La priorité réelle serait actuellement l'adoption du
projet de protocole facultatif
au Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels
permettant au Comité d'être saisi de communications à l'instar des
autres organes de traités. Le Conseil a examiné le rapport de la
quatrième session du
Groupe de travail
à composition non limitée chargé d'élaborer un protocole facultatif,
Groupe de travail qui reprendra ses travaux au cours de deux réunions
du 4 au 8 février et du 31 mars et au 4 avril 2008.
Le débat sur ce protocole facultatif a particulièrement porté sur
l'alternative entre une application sélective ou globale des droits
protégés par le protocole.
Concernant les examen de rapports
annuels :
Mr Stavenhagen,
Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme et des
libertés fondamentales des populations autochtones
dont le mandat a été renouvelé en septembre pour trois ans, a rendu
compte de sa mission officielle en Bolivie du 25 novembre au 7
décembre. Il a jugé frappant que dans ce pays reconnu pour son
multinationalisme, la discrimination contre les autochtones et en
particulier les femmes autochtones demeure élevée. Il s'est également
inquiété de la pollution industrielle de certains territoires
autochtones et de nombreux cas enregistrés de violences et attaques
par les forces de sécurité gouvernementales. (Notons que la
représentante de la Bolivie, exerçant son droit de réponse, s'est dite
surprise par les attitudes racistes et anti-autochtones relevées par
Mr Stavenhagen dans son rapport, attitudes qui ne seraient pas celles
du Gouvernement mais de certains membres des forces d'opposition).
Attirant l'attention sur la situation aux Philippines, le Rapporteur
spécial a dénoncé l'augmentation des assassinats extrajudiciaires et
la détention arbitraire, perpétrées par les forces de sécurité contre
des communautés autochtones. Par ailleurs, malgré que de nombreuses
communautés aient reçu des titres de propriétés sur leurs terres
ancestrales, elles n’ont pas accès aux ressources forestières dont
elles dépendent. S'agissant de son
étude sur les peuples autochtones en Asie,
le Rapporteur spécial a révélé que certains sont au bord de la
disparition en tant que peuple, du fait du déboisement, de leur
déplacement forcé et de la construction. Dans ses recommandations, le
Rapporteur spécial affirme que les politiques de développement en
faveur des peuples autochtones doivent avoir pour objectif de
promouvoir le respect des droits humains, individuels et collectifs,
de ces peuples. Il faut pour cela exiger la réalisation d'études
d'impact social, culturel et environnemental pour tout projet
entrepris sur les terres et territoires des peuples autochtones.
Le rapport de Mr Scheinin, Rapporteur spécial sur
la
protection des droits de l'homme dans la lutte antiterroriste
a également été présenté au Conseil des droits de l’homme. Il est
axé sur les stratégies et mesures concrètes envisageables pour
promouvoir et protéger les droits économiques, sociaux et culturels
tout en combattant le terrorisme, les recommandations se fondant sur
l'expérience de pays avec lesquels il s'est engagé dans une étroite
coopération. Mr Scheinin a rendu compte de trois visites effectuées en
2007 en Afrique du Sud, aux États-Unis et en Israël. Il a informé le
Conseil de sa prochaine visite en Espagne. Informant le Conseil des
résultats de sa visite en Afrique du Sud en avril 2007, Mr Scheinin a
exprimé des préoccupations à l'égard d'une liste trop générale de
délits qui peuvent être interprétés comme des activités terroristes.
Il a, par ailleurs, attiré l'attention sur le fait que les étrangers
peuvent être détenus sans procès et sans réel examen judiciaire. Par
ailleurs, sa mission à la base américaine de la Baie de Guantánamo lui
a permis de confirmer ses préoccupations sur l'incompatibilité de la
loi martiale antiterroriste de 2006 avec les normes juridiques
internationales. Soulignant que l'adoption rétroactive de lois
préventives pour des personnes détenues depuis de nombreuses années
s'assimile à de la détention arbitraire, il a exprimé l'espoir que les
États-Unis autoriseront à l'avenir des entrevues confidentielles des
Rapporteurs spéciaux avec les détenus.
Le Rapporteur spécial recommande que le Comité contre le terrorisme du
Conseil de sécurité se penche sur ces questions. Il recommande en
outre la définition du terrorisme en retenant comme critère l'usage de
méthodes violentes inexcusables contre des innocents et l'intention
d'instiller la peur à la population générale, et non les buts
politiques ou autres, qui se recoupent souvent avec les buts de
mouvements sociaux qui n'ont rien à voir avec le terrorisme.
Alors que l’Afrique du Sud, qui s'est dit
satisfait du rapport de M. Scheinin, a affirmé que le pays avait
beaucoup appris des travaux du Rapporteur spécial et que ses
recommandations seront prises en compte par le législateur, les
États-Unis ont déploré qu'il reprenne des critiques « mal fondées »
sur les audiences militaires ; les Etats-Unis sont par ailleurs déçus
de ce que Mr Scheinin ait refusé de visiter la prison de la Baie de
Guantánamo dans des conditions acceptées, selon le pays, par d'autres
observateurs internationaux. Mr Scheinin a
confirmé au représentant des États-Unis que tous les experts
internationaux n'ont pas accepté de se rendre à la base de Guantánamo
aux conditions imposées par le Gouvernement des Etats-Unis, mais se
réjouit de discuter plus avant de cette question, étant entendu que le
mandat exige que le titulaire ait accès aux locaux et aux détenus dans
des conditions de confidentialité satisfaisante.
Concernant
le suivi des résolutions adoptées en octobre dernier sur le Darfour et
le Myanmar
:
La Présidente du groupe d'experts sur la situation au Darfour, Mme
Sima Samar, bien que a saluant l'excellent niveau de coopération entre
le groupe d'experts et le Gouvernement du Soudan, a regretté que le
processus de coopération avec le Gouvernement soudanais, bien avancé
au niveau de la procédure, ne le soit pas sur le fond. En outre,
aucune amélioration n'a été observée sur le terrain. Des délégations
ont déploré que le Gouvernement du Soudan ait nommé une personne
accusée de crimes de guerre par la Cour pénale internationale au poste
de vice-président de l'organe chargé d'enquêter sur les violations des
droits de l'homme au Darfour…
Le Conseil des droits de l’homme avait tenu une session extraordinaire
le mardi 2 octobre sur la situation des droits de l’homme au Myanmar
au cours de laquelle avait été adoptée par consensus une résolution
condamnant la répression des manifestations et demandant la libération
de tous les manifestants arrêtés et des prisonniers politiques (Voir
Sentinelle n° 120 et
121).
Mr Paulo Sérgio Pinheiro, Rapporteur spécial sur la situation au
Myanmar, a présenté le rapport faisant suite à sa visite du 11 au 15
novembre dans le pays. Il est important de noter que le Rapporteur
spécial a insisté sur le fait que sa mission ne peut pas être
considérée comme une mission d'enquête digne de ce nom, par manque
d’accès libre à divers lieux et personnes. Mr Paulo Sérgio Pinheiro a
déclaré que les forces de sécurité, police et milice, ont utilisé une
force excessive malgré des appels internationaux répétés. Il a
regretté que l'État n'ait pas tenté d'engager un dialogue avec les
manifestants et a déploré les arrestations arbitraires qui ont été
pratiquées à l’encontre de manifestants accusés de terrorisme. 653
personnes sont encore portées disparues, arrêtées pour avoir exercé
leur liberté d'expression. Le Rapporteur spécial recommande que soit
accordé le rétablissement des droits des manifestants arrêtés suite
aux événements du mois de septembre et une amnistie inconditionnelle à
toutes les personnes emprisonnées suite à leur participation à des
réunions pacifiques. Les autorités du Myanmar doivent par ailleurs
examiner la question de la responsabilité de l'armée. Il recommande
aussi que le Gouvernement définisse avec le Rapporteur spécial des
conditions et de la date de sa prochaine visite et qu'il invite une
commission d'enquête internationale afin de faire la lumière sur les
événements récents
La délégation du Myanmar a estimé que le rapport se base en partie sur
des informations fausses émanant de milieux antigouvernementaux, et
qu'il contient, outre des allégations qui salissent « l'image et la
dignité du Gouvernement », des violations de la souveraineté du pays…
De nombreuses délégations, préoccupées par les
conclusions du Rapporteur spécial mentionnant notamment les
arrestations arbitraires, les mauvaises conditions de détention, les
tortures, les exécutions extrajudiciaires, le travail forcé et les
viols pratiqués par les soldats,
ont appelé
le Gouvernement du
Myanmar à accorder au Comité international de la Croix-rouge l'accès à
tous les lieux de détention.
Cependant, d’autres délégations se sont félicité de l'esprit de
coopération dont aurait fait preuve le Gouvernement en recevant les
émissaires des Nations Unies (Inde) ; ou que
la situation se soit calmée et que la vie quotidienne reprenne
progressivement son cours normal (Chine). Le Pakistan et la
Fédération de Russie ont estimé qu'il
ne fallait pas politiser d'avantage cette question et que par
conséquent il n'était pas pertinent d'envoyer une commission d'enquête
au Myanmar. La Chine et les Philippines estiment en outre que
la communauté internationale doit mettre en
place un environnement propice, notamment en matière de développement
économique du pays, la grande pauvreté étant « à l'origine des
manifestations de septembre »… Le Laos, bon exemple également dans le
respect des droits de l’homme, a insisté sur le fait que les problèmes
que connaît ce pays relèvent de questions internes, qu’il fallait par
conséquent accorder le temps suffisant aux autorités pour stabiliser
le pays et établir la démocratie…
En conclusion, le
Rapporteur spécial a déclaré qu’il fallait
à ce stade appeler les choses par leur nom et discuter des problèmes
graves. « Votre Gouvernement doit céder quelque part, faire des
concessions sur des éléments figurant dans le rapport, notamment
reconnaître le recours disproportionné à la force et les détentions
arbitraires ». Il a par ailleurs affirmé qu’il n’avait «rien inventé»,
invitant la délégation du Myanmar à lire les actes de la réunion du
Conseil de sécurité du 30 novembre 2007 consacrés à la visite de M.
Gambari au Myanmar.
Concernant la poursuite de l’examen, la rationalisation et
l'amélioration des mandats :
Le
représentant du Brésil, présentant de mandat du
Rapporteur spécial sur le droit de toute
personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale
susceptible d'être atteint,
a rappelé que le projet de résolution présenté par son pays avait
donné lieu à de nombreuses consultations. Le Rapporteur spécial Mr
Hunt, a indiqué qu'il restait un long chemin à parcourir pour ancrer
ce droit dans l'ordre du jour des droits de l'homme, avouant qu’il
était parfois atterré par l'ignorance des décideurs politiques au
sujet de ce droit dont ils ignorent parfois jusqu'à l'existence même.
Il a indiqué qu’à l'avenir le Conseil
devrait créer de nouveaux mandats thématiques à partir du droit à
jouir du meilleur état de santé possible, concernant en particulier le
VIH et l'accès à l'eau.
Mme Abaka,
Experte indépendante sur la coopération
technique et les services consultatifs au Libéria, a attesté
que la volonté politique existe malgré le fait qu’après une guerre de
14 ans, l'Etat ne dispose pas des capacités et des ressources pour
faire face à ses obligations en matière des droits de l'homme. La
commission indépendante des droits de l'homme ainsi que la commission
de réconciliation ne sont pas encore en marche. Il est nécessaire de
continuer de contribuer à
l'amélioration de la situation des droits de l'homme dans le pays,
notamment en appuyant la mise en place de réformes (loi sur le viol et
stratégies de lutte contre la pauvreté principalement). L’experte
indépendante a appelé le Conseil des droits de l'homme à ne pas
laisser tomber le peuple du Libéria, invitant les États membres à se
prononcer en faveur de la prorogation de ce mandat.
S'agissant du mandat de
Rapporteur spécial sur la situation des
droits de l'homme au Soudan, L’Égypte, au nom du
Groupe africain, a estimé que le temps était « venu de mettre un terme
à la prolifération des mécanismes » et invité le Conseil à opter pour
une simplification des mécanismes des droits de l'homme en tenant
compte de l'examen périodique universel. La Rapporteuse spéciale, Mme
Sima Samar, a pour sa part souligné qu’elle avait constaté, lors de sa
dernière visite dans ce pays du 25 juillet au 2 août dernier, que bien
que des progrès puissent être observés (signature de la Convention sur
les droits des personnes handicapées, préparation de nouvelles lois et
promulgation de nouveaux règlements de police), ces mesures n'ont pas
encore eu d'effet tangible. Partis d'opposition, journalistes,
étudiants, personnes déplacées dans leur propre pays et chefs tribaux
sont ciblés pour leurs activités, sans aucun besoin de développer sur
la situation au Darfour. Le devoir du Conseil est donc de renforcer la
protection des droits de l'homme et le Rapporteur spécial est son
mécanisme de contact, ce qui nécessite le renouvellement du mandat. Le
Soudan a pris la parole à titre de pays concerné, réaffirmant sa
volonté de coopération avec les mécanismes du Conseil mais déplorant
une politisation des questions en jeu. Il regrette par ailleurs que
soient pris en compte des affirmations qui n'ont pas été vérifiées et
a souligné à cet égard la responsabilité toute particulière de Mme
Samar.
Concernant l’Examen
du mandat de
Rapporteur spécial sur la promotion et la
protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la
lutte antiterroriste,
mandat créé après le 11 septembre
2001 coïncidant avec le début de la lutte antiterroriste qui a accordé
trop peu d'attention au respect des droits de l'homme, le Rapporteur
Spécial a estimé que le mandat avait besoin de davantage de
ressources. Trois années supplémentaires seront nécessaires pour
établir un registre des meilleures pratiques en matière de protection
des droits de l'homme dans le cadre de la lutte antiterroriste.
L’orientation doit maintenant être la mise en œuvre et l'application
des conclusions des experts. Au titre de futurs sujets d'attention du
Rapporteur spécial, droit à la confidentialité et rôle des
organisations de renseignement. Les délégations sont dans l’ensemble
favorable au renouvellement du mandat et les critiques sont légères :
la délégation de Russie aimerait voir abordés les problèmes des
violations des droits de l'homme par des groupes terroristes ou l'abus
par les terroristes du droit d'asile pour couvrir leurs activités (ce
qui n’est pas l’objectif du mandat) ; ou une attention accrue qui
devrait être portée aux causes du terrorisme, remarque pertinente de
l’Egypte, mais également hors mandat.
Concernant le mandat du
Rapporteur spécial sur le droit à un logement
convenable,
Miloon Kothari, actuel Rapporteur spécial, a indiqué que le concept
sous-jacent à ce principe est celui de l'indivisibilité des droits de
l'homme. En collaboration avec les gouvernements et la société civile,
le Rapporteur spécial s'est engagé sur la voie normative et a élaboré
des indicateurs permettant d'évaluer et de guider l'action en matière
de réalisation du droit au logement. Certaines délégations ont
relevé des lacunes au niveau des lignes directrices, en particulier
des thèmes tels que les expulsions, le droit au logement des migrants,
des réfugiés, la ghettoïsation, l'établissement d'activités polluantes
à proximité de logements situés dans des zones pauvres.
Finalement, en relation au
mandat du Représentant du Secrétaire général pour les droits de
l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays (plus de 24
millions de personnes), son titulaire, qui est actuellement Mr Walter
Kalin, a déclaré que la stratégie du mandat était fondée sur quatre
constatations. Tout d'abord, la jouissance des droits de l'homme de
ces personnes dépend de l'existence préalable d'un cadre normatif
adéquat. L'application de ce cadre juridique exige une volonté
politique ferme. En troisième lieu, les personnes déplacées dans leur
propre pays ne pourront jouir de leurs droits de l'homme si les États
n'ont pas les capacités à les protéger. Enfin, il doit être possible
de réagir au cas par cas aux situations exceptionnelles, comme par
exemple lors de catastrophes naturelles. Les discussions ont bel et
bien démontré que le besoin d'un mandat fort en faveur des personnes
déplacées
dans leur propre pays
demeure.
Aucun doute ne peut être porté sur le
renouvellement même de ces mandats qui devraient par ailleurs être
renforcés. Les Résolutions adoptées par le Conseil sur tous les points
discutés lors de cette semaine devraient être disponibles très
prochainement sur le site du
Haut commissariat aux droits de l’homme.
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Troisième conférence internationale pour l’élaboration d’une
Convention internationale sur les armes à sous munitions
Valérie GABARD
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Du 5 au 7 décembre, l’Autriche a accueilli
la troisième
conférence internationale ayant pour objet la négociation et
l’éventuelle conclusion d’une convention internationale sur les armes
à sous munitions. L’examen de cette conférence intermédiaire est
intéressant en ce qu’il permet mettre en exergue un processus de
création du droit international et d’en mesurer l’ampleur. En effet
l’objectif fixé dans
déclaration finale de la première conférence sur les armes à
sous munitions est la conclusion d’un traité international avec la
force obligatoire qui en découle dont l’objet serait d’interdire
l’utilisation, la production, le transfert et le stockage d’armes à
sous-munitions et d’instaurer une coopération et une assistance dans
l’objectif d’assurer notamment, la prise en charge et la
réhabilitation des survivants, nettoyer les zones contaminées et
détruire les stocks d’armes à sous-munitions (voir les
archives de Sentinelle). Cette initiative a été suivie d’une
seconde conférence qui s’est déroulée en mai à Lima démontrant le
rythme de négociation relativement soutenu adopté (voir les
archives de Sentinelle).
Le processus débuté à
Oslo en début d’année ne faiblit pas bien au contraire, comme le
démontre à la fois le nombre croissants de représentations étatiques
et l’élaboration d’un
premier projet de convention soumis à discussion.
L’ampleur du processus
peut en effet se mesurer au nombre croissant de participants. De 49
Etats participants lors de la conférence d’Oslo à 67 à Lima et
désormais 133 à Vienne. L’optimiste y verra là une prise de conscience
des Etats envers le problème humanitaire posé par les armes à sous
munitions et le cynique une prise de conscience des Etats jusqu’à lors
non participants de la nécessité de négocier ce traité pour éviter
tout risque de se voir imposer sans avoir même pu discuté, cette
réglementation au motif qu’elle serait un jour devenue coutumière. La
vérité se trouve certainement entre les deux.
D’après la
Cluster munition
Coalition,
principal représentant de la société civile sur la question et seule
entité à
retranscrire la
teneur des négociations,
la conférence est un succès car un consensus est déjà formé autour
d’un certain nombre de points importants à inclure dans le futur
traité. On compte à ce titre l’assistance aux victimes, la coopération
internationale et la destruction des stocks. Cependant un pont
litigieux subsiste quant à l’interdiction et surtout quant à la
définition des armes à sous munitions. Pour certains Etats (République
Tchèque, Finlande, France, Allemagne, Italie, Japon, Pays Bas etc.) la
nouvelle génération de bombes à sous-munitions dotés de mécanismes d’auto-destruction
ne devrait pas entrer dans le champ d’application du traité en raison
de ce mécanisme et de son taux d’échec estimé à 1%.
Un rapport du Norwegian Defence Research Establishment (FFI)
tend pourtant à démontrer que le taux d’échec dépasserait les 10%
remettant en cause l’argument invoqué. La sophistication de l’armement
ne devant alors être utilisé comme argument pour une réduction du
champ d’application du traité.
D’autres pays demandent une période de transition pendant laquelle les
armes à sous munitions pourraient toujours être utilisés. Cependant
outre les très nombreuses ONG présentes, de nombreux Etats continuent
de défendre l’esprit de la déclaration finale de la conférence d’Oslo
qui vise à une interdiction générale de toutes les armes à sous
munitions.
C’est en raison de l’échec du démarrage de véritables négociations sur
la question dans le cadre privilégié de la conférence des Etats
parties à la
Convention sur certaines armes
classiques (CCW) que le recours à la négociation dans le
cadre de conférences internationales a été finalement proposé. L’enlisement
des discussions sur cette question au sein de l’ONU a ainsi pu être
contourné en proposant la tenue de conférences extérieures, où
participent majoritairement les pays favorables à l’interdiction et
écarte ainsi les Etats réfractaires de la négociation avec l’idée
qu’il est préférable d’avoir un texte non universellement adopté que
pas de texte du tout. Ajoutons que le processus va se poursuivre. Une
conférence est prévue à Wellington en Nouvelle Zélande en février 2008
et une réunion finale à Dublin en
Irlande
en mai. Si le calendrier est maintenu, le traité devrait être signé à
Oslo avant la fin de l’année 2008.
La conférence est également l’occasion de confirmer la place centrale
de la société civile internationale dès lors qu’un processus de
négociation est à l’œuvre. Il est ainsi frappant de noter que la
Cluster munition Coalition avait organisé la veille de l’ouverture
de la conférence un forum international sur la question à Vienne et de
s’assurer ainsi une visibilité remarquable. Cette pression
internationale de la société civile sur les Etats si elle n’est pas à
exagérer ne doit pas non plus être minorée. Leur influence est parfois
décisive et leur pouvoir de persuasion important. A cet égard le
discours du Ministre des affaires étrangères autrichien nous
semble éloquent : « the cluster munitions process represents a new
form of diplomacy: This new type of partnership includes governments,
the civil society, parliamentarians, survivors, and experts.
As with the Convention on Anti-Personnel Mines, it involves efficient
networks for concrete progress - internationally, but also within the
individual states ».
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Sommet des nations d'Asie-Pacifique sur les désastres
liés à l'eau
Danilo COMBA
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Documents
Chair's Summary
International Year of Sanitation 2008
launched for the Asia-Pacific region
(…) The
Government of Japan was specifically requested to include sanitation
on the agenda of the 2008 Hokkaido Toyako G8 Summit (…). The
Asia-Pacific Water Forum (APWF) is working to increase the region’s
access to improved water supplies and sanitation, protect and restore
river basins, and reduce people’s vulnerability to water-related
disasters. The APWF champion’s efforts aimed at boosting investments,
building capacity, increasing public outreach and enhancing
cooperation in the water sector at the regional level. (…).
Region's fragile freshwater resources
threatened by Climate Change
(…) In addition,
the region has increasingly suffered from water-related disasters.
Unless something is done soon, the severe water problems across the
Asia-Pacific region will considerably worsen under the influence of
climate change.
Climate
variability and change is already affecting water resources and their
management in many parts of the region, as notably illustrated by the
large-scale retreat of Himalayan glaciers and the growing threat of
sea level rise to small island countries and low-lying areas.
Mr. Remengesau
concluded that “there is no more important topic than assuring an
adequate and safe water supply to our region. The Summit’s priority
themes, water financing, water related disaster management and water
for development and ecosystems, encompass the urgent water issues and
needs of the region well”.
The Asia-Pacific
is the most vulnerable region in the world with regards to
water-related disasters that hinder sustainable development and
poverty reduction. Between 1960 and 2006, over 600 thousand casualties
were recorded, accounting for over 80% of casualties from
water-related disasters worldwide, in addition to US$ 8 billion worth
of economic damage during the same period.
Autres Documents
Climate change: Impacts,
vulnerability and adaptation in developing countries
Singapour : 16 pays d'Asie et du Pacifique
ont signé un pacte environnemental
Dans le cadre de sommets
asiatiques annuels, 16 pays nations d'Asie-Pacifique
ont signé à Singapour un pacte environnemental. Les objectifs :
améliorer l'efficacité et la maîtrise de l'énergie, développer des
sources alternatives d'énergie et des technologies d'énergie fossile
plus propres, augmenter les surfaces vertes dans la région. Il s'agit
des 10 pays de l'Asean et de leurs 6 partenaires régionaux (Chine,
Japon, Corée du Sud,
Inde, Australie et Nouvelle-Zélande).
L’Australie ratifie le Protocole de Kyoto
Le nouveau gouvernement à
signé le Protocole au début de décembre ; selon les règles établis
l’Australie deviendra membre du Protocole en mars 2008 (90 jours après
que les NU reçoivent l’instrument de ratification)
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Le 3-4 décembre a
eu lieu au Japon (ville de Beppu) le premier
Forum Asie-Pacifique relative aux
ressources en eau (APWF), à laquelle ont participé
36 nations d’Asie-Pacifique.
Selon les
informations des experts cette grande région est fortement confrontée
vis-à-vis de la thématique, soit pour une pénurie d’eau par rapport
aux nécessités de la population (l’Asie abrite 60% de la population
mondiale, mais n’a que 40% des ressources mondiales, ce que s’est
traduit en 2004 par 700 millions de personnes sans accès à l'eau
potable et 1,9 milliard sans sanitaires), soit pour les désastres
causés par cet élément (80% des désastres naturels et des pertes
humaines causés par l’eau, tels que les tsunamis ou les
inondations, surviennent ici !).
Ainsi, si les
précédentes conférences se concentraient sur les pénuries d’eau, la
situation changeante due au réchauffement climatique demande des
nouvelles stratégies. A cet égard, la hausse des températures provoque
plus fréquemment des inondations et des tempêtes ; la montée du niveau
de la mer – question clé pour plusieurs îles du Pacifique et pour des
nombreuses villes - et la fonte des glaciers de l’Himalaya (source clé
d'approvisionnement en eau des nations d’Asie du sud et d’Asie
centrale) représentent les nouveaux paradigmes auxquels cette région
et les populations sont confrontées.
“Unless something
is done soon, the severe water problems across the Asia-Pacific region
will considerably worsen under the influence of climate change” est-il
remarqué dans un document.
Il s’agit donc
d’aller au-delà d’une perspective sectorielle (problème de
l’agriculture, de l’industrie, de l’environnement, …) pour s’attacher
aux questions basilaires de la sécurité humaines et du développement
des nations et l’établissement d’un Forum régional vise à accroître la
coopération mutuelle et l’échange des informations.
Dans le cadre des
deux jours du forum ont été prévus
une série de débats relatifs
au développement des capacités de financer les projets portant sur
l’eau, améliorer la gestion des désastres causés par l’eau, répandre
l’accès à l’eau et à l’eau sanitaire (« sanitation »), développer les
connaissances, accroître la capacité d’action locale.
Un rôle majeur sera
joué par le « International Center for Water Hazard and Risk
Management (ICHARM) ».
Ainsi les participants ont
convenu, dans un document officiel dit « Message
from Beppu », de :
·
garantir l'approvisionnement en eau potable de l'ensemble de la
population de la région avant 2025 en tant que droit fondamental, par
ailleurs essentiel à la sécurité humaine ;
·
accorder aux questions de l’eau et des eaux sanitaires la plus haute
priorité dans les futures actions politiques ;
·
adopter des actions urgentes et effectives visant à prévenir et
réduire les effets des désastres naturels, garantissant également une
assistance concrète aux victimes ;
·
Appuyer les vulnérables petites îles Etats confrontées aux changements
climatiques et à ses impacts;
·
Agir
dans le cadre de la Conférence de Bali afin que la relation parmi
l’eau et le changement climatique soit prise en compte ;
·
Respecter et valoriser la richesse des communautés ayant centré leur
développement sur les ressources aquatiques ;
·
Collaborer avec d’autres institutions relevant de cette thématique
afin de garantir l’objectif commun (“our collective vision”) de la
sécurité en eau dans la région Asie-Pacifique.
·
Chacun
des Etats de la région Asie-Pacifique s’efforce de fonder un ministère
chargé des ressources en eau pour s’assurer que les objectifs de « sanitation »
soient accomplis.
A titre conclusif nous
remarquons que le document établit également des objectifs à
poursuivre dans le cadre du prochain sommet G8 (Hokkaido, 2009, sous
présidence japonaise) : « - commit to support the developing
countries to achieve their MDG targets on water and sanitation; and -
take immediate action to support adaptation to climate change by
developing countries ».
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