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Iran, tensions
au sujet de la en œuvre de la résolution 1737
du CS
Sabrina RAHMANI
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Depuis l’adoption de la
résolution 1737 (2006) du Conseil de sécurité de l'ONU, le 23
décembre 2006, imposant pour la première fois, des sanctions contre l'Iran
en raison de la poursuite de ses activités nucléaires (voir
note du 5.01.2007), de fortes tensions opposent les Etats-Unis à
l’Europe, notamment la France, sur la question de sa mise en œuvre. En
effet, l'administration américaine entend donner une interprétation large
du texte, afin d'accroître la pression sur le régime iranien, notamment
concernant les transactions financières avec l'Iran. En revanche, l’Europe
favorisent une approche plus restrictive dans le but de préserver des
chances de règlement diplomatique de la crise avec Téhéran.
Le 14 janvier 2007, le porte-parole du ministère iranien des Affaires
étrangères,
M. Mohammed Ali Hosseini, a déclaré que les activités d'enrichissement
d'uranium se poursuivaient normalement à Natanz, dans le centre de
l'Iran. Le même jour, l'Iran s'est dit prête à discuter avec les
Etats-Unis dans des conditions justes et appropriées.
Le 16 janvier 2007, le porte- parole du ministère français des Affaires
étrangères,
M. Jean-Baptiste Mattéi, a confirmé que la France était en train
d'étudier l'envoi d'un émissaire en Iran pour discuter des questions
régionales, mais qu’aucune décision n’avait encore été prise. Il a par
ailleurs affirmé que la réflexion en cours tenait compte notamment des
engagements tangibles qui pourraient être obtenus de la parti de l'Iran
à l'occasion de cette visite. Il a indiqué que l’objectif d'un éventuel
dialogue avec l'Iran serait de réaffirmer les positions françaises sur
les questions régionales, espérant que l'Iran contribue à la stabilité de
la région. S’agissant du dossier nucléaire iranien, M. Mattéi a noté que
la France était pleinement solidaire de la communauté internationale et
qu'elle était très attachée à la mise en oeuvre des résolutions de
l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)
et du Conseil de sécurité.
Le lendemain, la ministre britannique des Affaires étrangères,
Mme Margaret Beckett, a averti l’Iran que son refus persistant de
négocier au sujet de son programme nucléaire n’était pas une solution sans
conséquences. Mme Beckett a déclaré qu’elle était certaine que les grandes
puissances mondiales pouvaient résister ensemble aux ambitions nucléaires
de Téhéran, malgré les critiques selon lesquelles les sanctions des
Nations Unies sont inefficaces et trop modérées suite à la pression de la
Russie et de la Chine.
De son côté, la secrétaire d'Etat américaine,
Mme Condoleezza Rice, a déclaré que Washington refusait tout dialogue
direct avec l'Iran, en raison notamment de son attitude de défi à l'égard
de l'ONU qui exige la suspension de ses activités d'enrichissement
d'uranium.
Le
même jour, des représentants des pays membres de l’AIEA ont été
invités à visiter les sites du nucléaire iranien du 2 au 6 février.
Les personnes invitées comprennent des représentants du Mouvement des
non-alignés et des pays du Groupe des 77. Ainsi, le principal objectif de
cette invitation à visiter l'Iran est d'afficher l'ouverture et la
transparence du programme de combustible atomique iranien et d'obtenir
davantage de soutiens des pays en développement. Le chef de la délégation
iranienne à l'AIEA, M. Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que de
telles visites dans des installations nucléaires aideront l'Iran à
créer la confiance et à démontrer les objectifs pacifiques du
programme nucléaire iranien.
Par ailleurs, l’annonce de l’arrivée, dans un mois, d’un nouveau
porte-avions américain au Moyen-Orient, a semé des spéculations selon
lesquelles les Etats-Unis pourraient lancer une opération militaire contre
l'Iran en avril. Cependant, le porte-parole de la Maison Blanche,
M. Tony Snow, a démenti tout plan visant un recours à la
force pour désarmer l'Iran, en mettant l'accent sur une solution
diplomatique pour résoudre la question nucléaire de l'Iran, bien que le
secrétaire américain à la Défense,
M. Robert Gates, ait indiqué que le renforcement de la présence
américaine dans la région visait à envoyer un message à l'Iran. Le
18 Janvier dernier, plusieurs députés de
la Chambre des représentants ont présenté un projet de résolution
demandant à l'administration Bush de recevoir l'approbation du
Congrès avant de lancer une guerre contre l'Iran. Déposé par six députés,
dont le républicain
Walter Jones, le projet de résolution appelle l'administration Bush à
solliciter en avance une autorisation pour lancer des opérations
militaires contre l'Iran, à moins que les Etats-Unis ou leurs
intérêts ne soient premièrement attaqués.
De son côté,
le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que son pays
était prêt à tout faire à propos de son programme nucléaire,
montrant son intransigeance devant la résolution de l'ONU et les rumeurs
sur une éventuelle attaque militaire américaine. A propos de la
résolution 1737 de l'ONU, il a déclaré que son pays ne serait pas stoppé
par les sanctions et la menace.
Enfin, le directeur général de l'AIEA a appelé à une reprise des
négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire. En visite à Paris,
M. Mohamed El-Baradeï s'est inquiété d'une possible escalade causée
par les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU en
décembre. Il a estimé que l’emploi de la pression pourrait conduire la
République islamique à imiter la Corée du Nord, qui a renvoyé des
inspecteurs de l'ONU et s'est retirée en 2003 du Traité de
non-prolifération nucléaire (TNP)
avant de procéder à son premier essai nucléaire en octobre dernier. Il a
par ailleurs laissé entendre que toute frappe militaire sur des
installations nucléaires iraniennes ne contrecarrerait pas les ambitions
de Téhéran. Enfin, il a souligné que trois à quatre ans d'inspections
poussées n'avaient pas permis de déceler le moindre signe d'installations
nucléaires non déclarées.
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Obs.
Il ne faut pas se méprendre sur la portée des divergences. La
situation de l'Iran a basculé dans le régime des sanctions. Ce dernier
est un processus bien connu qui peut être comparé à un noeud coulant :
plus l'Iran va s'agiter pour s'opposer aux sanctions, plus celles-ci
seront renforcées. Il n'est de l'intérêt de personne qu'un tel
processus soit engagé. Or, d'une part, dans un souci d'efficacité
immédiate des sanctions, les Etats-Unis retiennent une interprétation
large de la résolution du Conseil de sécurité que ne partagent pas les
Européens. La position de ces derniers est logique : cette tension
brusque de la corde va provoquer l'agitation du sujet et peut
compromettre l'objectif d'un retour rapide aux négociations. D'autre
part, l'Iran est convaincu de sa capacité de nuisance et pourrait s'en
servir pour répliquer aux sanctions. Ainsi son influence dans les
crises régionales, en Iraq et au Liban essentiellement, pèserait de
manière négative sur l'évolution de la situation, retardant le
règlement. L'idée de la France, qui semble encore mal aboutie, serait
de bien distinguer, dans les rapports avec l'Iran, la question de la
prolifération de celles des crises régionales. La démarche est
compréhensible parce qu'il est indispensable de privilégier les voies
de la modération. Entre la satanisation d'Israël ou des Etats-Unis et
la diabolisation de l'Iran, il y a les chemins de la raison. Certains
répliqueront cependant que l'enfer est pavé de bonnes intentions et
que l'Iran ne peut que se méprendre sur la portée d'une initiative
conciliante. Hélas cette opinion pessimiste est peut-être la bonne (PW). |
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Quai d'Orsay
Point de presse du 19
janvier 2007
3 - IRAN
(A propos du Conseil,
concernant l'Iran, y
a-t-il une possibilité
d'aller au-delà des
sanctions déjà proposées
par les Nations unies de
la part de l'Union
européenne ?)
Les ministres
discuteront de la
transposition par
l'Union européenne de la
résolution 1737, de la
manière de la mettre en
oeuvre entre Européens.
Vous savez qu'il faut un
certain nombre de
décisions sur le plan
européen pour mettre en
oeuvre cette résolution
1737. La position
française est que nous
devons mettre en oeuvre
toute la résolution
1737, rien que la
résolution 1737.
(Il y a une question
d'interprétation pour
comprendre exactement ce
que veut dire cette
résolution, est-ce cela
?)
Il peut en effet
exister de petits
problèmes à la marge,
notamment pour savoir
exactement quelles
entités sont visées. Ce
sont plutôt des
problèmes techniques et
à la marge, mais notre
position sur le plan
politique est que nous
devons mettre en oeuvre
cette résolution, qui a
été adoptée à
l'unanimité par le
Conseil de sécurité.
C'est cela la priorité.
Nous n'envisageons pas
d'aller au-delà de cette
résolution 1737 entre
Européens.
(Cette résolution a
été adoptée le 23
décembre, quand
fallait-il commencer à
l'appliquer ?)
Je ne sais pas si la
résolution prévoyait
elle-même un délai.
Traditionnellement, vous
savez que, pour ce genre
de résolution et c'était
vrai aussi pour la
résolution concernant la
Corée du Nord qui a été
adoptée par le Conseil
de sécurité, cela prend
nécessairement un peu de
temps, car ce sont des
sujets compliqués.
Lorsque l'on veut
mettre en place un gel
des avoirs financiers
pour certaines entités,
lorsque l'on veut mettre
en place des listes de
biens dont on interdit
l'exportation ou le
transit, cela prend
nécessairement du temps.
Nous sommes dans ce
processus, et
d'ailleurs, je ne suis
pas persuadé que lundi
nous serons complètement
en position, pour ce qui
est de l'Union
européenne, de décider
effectivement de mesures
de transposition. Je
crois que c'est plutôt
prévu pour le mois de
février, mais tout cela
est en bonne voie.
(Je ne parviens pas à
comprendre. Cette
décision donne 60 jours
à l'Iran pour s'y
conformer et vous n'avez
pas encore commencé à
l'appliquer.)
Nous donnons 60 jours
à l'Iran pour revenir à
la table des
négociations, pour
suspendre ses activités
d'enrichissement et, à
ce moment-là, en effet,
les pays de la
communauté
internationale
pourraient revenir sur
les sanctions décidées.
Ce qui est important,
c'est que nous ayons
engagé cette
transposition. L'Iran
pourrait, en fonction du
rapport qui sera fait
par le directeur général
de l'AIEA, nous envoyer
un signal positif et
faire en sorte que nous
ne soyons pas obligés
d'aller de l'avant dans
la mise en oeuvre de ces
mesures.
(Et après 60 jours,
que va-t-il se passer ?)
Après 60 jours, ce
qui est prévu, c'est un
rapport de M. El Baradeï.
Lorsqu'il a rencontré le
ministre hier, il nous a
confirmé qu'il allait
présenter ce rapport. A
partir de là, le Conseil
de sécurité se
prononcera, soit dans un
sens, soit dans l'autre.
(En décidant d'une
prolongation des mesures
?)
Non, il n'y a pas à
prolonger les mesures.
Les mesures sont prises
et on ne revient sur ces
mesures que si l'Iran
change d'attitude.
(Lorsque vous dites
que dans 60 jours, on
ira dans un sens ou dans
l'autre, cela veut-il
dire que l'on ne
prolongera pas les
sanctions ou que l'on
ira plus loin ?)
Soit l'Iran donne des
signaux positifs,
accepte de suspendre les
activités
d'enrichissement et, à
ce moment-là, nous
suspendons l'application
des sanctions. Soit
l'Iran ne donne pas de
signaux positifs et, en
effet, il est possible
que nous envisagions de
nouvelles mesures, mais
il n'y a rien
d'automatique. Il faudra
bien sûr une discussion
entre les membres du
Conseil de sécurité pour
arrêter de nouvelles
mesures.
(Apparemment, il y a
eu une annulation d'un
contrat d'un milliard de
dollars de la Société
Générale avec l'Iran,
est-ce dans la
continuité de la
résolution 1737 ?)
Je ne suis pas
informé de cela. Ce sont
des décisions qui sont
prises par les banques
commerciales et elles le
sont en fonction de
considérations qui leur
sont propres. En tout
cas, cela ne correspond
pas à une consigne de la
part des autorités
françaises.
(C'est indépendant
donc ?)
Oui, ce sont des
décisions prises par les
banques en fonction de
leur propre appréciation
des choses.
(Cela concernait un
champ pétrolier ?)
Peu importe, il n'y a
pas de consigne générale
des autorités françaises
allant dans ce sens.
(Quel sera le contenu
du rapport de M. El
Baradeï, après les 60
jours ?)
Il a déjà rédigé
plusieurs rapports de ce
type. Il va, en fonction
des informations dont
dispose l'Agence, en
fonction éventuellement
d'inspections conduites
sur le terrain, nous
dire, selon l'Agence, où
l'Iran en est au regard
de ce qui avait été
demandé par l'AIEA et
par le Conseil de
sécurité.
(La suspension ou
l'annulation des
sanctions
demandera-t-elle une
nouvelle résolution au
Conseil de sécurité ?)
Il faudrait alors
revoir la position
prise.
(Ce serait une
décision ou une nouvelle
résolution ?)
Dans le paragraphe 25
de la résolution 1737,
qui prévoit un rapport
dans les 60 jours, il y
a en fait trois options.
Il y a une option de
suspension des mesures,
si l'Iran suspend les
activités
d'enrichissement. Le
texte de la résolution
est clair : si l'Iran
suspend les activités
d'enrichissement, il y
aura alors une
suspension de la mise en
oeuvre des sanctions
pour permettre la
reprise des
négociations. C'est la
première option.
(Est-ce automatique
?)
J'imagine qu'il y
aurait une discussion
entre les membres du
Conseil de sécurité,
mais la façon dont c'est
rédigé est assez
affirmative. S'il y a
une suspension des
activités
d'enrichissement, il
devrait y avoir une
suspension de la mise en
oeuvre des sanctions.
La deuxième option,
c'est l'option où l'on
mettrait complètement un
terme à ces mesures, si
l'Iran remplit toutes
ses obligations
vis-à-vis de l'AIEA et
du Conseil de sécurité.
La troisième option,
c'est le cas où l'Iran
ne se conforme pas à la
résolution. A ce
moment-là, il est dit
que le Conseil de
sécurité adoptera
d'autres mesures au
titre de l'Article 41 de
la Charte.
(Il y a donc un droit
de veto. Il suffit qu'un
des pays membres
permanents dise non pour
que les sanctions
continuent.)
Rien n'est
automatique mais, en
même temps, lorsque l'on
adopte une résolution,
surtout à l'unanimité,
et que l'on dit les
choses aussi clairement
qu'elles sont dites ici,
cela lie les membres du
Conseil de sécurité pour
l'avenir d'une certaine
façon*.
(L'Iran s'est dite
ouverte à accueillir un
émissaire français, sans
définir son identité.
J'aimerais tout d'abord
savoir si vous aviez un
commentaire à faire sur
cette attitude
iranienne ? Y a-t-il du
neuf concernant l'envoi
de cet émissaire ?)
Je commencerai par le
deuxième point. Non, il
n'y a pas d'élément
nouveau dont je puisse
vous faire part
aujourd'hui sur l'envoi
éventuel de cet
émissaire, ni sur la
décision de principe, ni
sur l'identité de cet
émissaire, ni sur la
date d'une éventuelle
visite à Téhéran. Par
ailleurs, pour ce qui
est des déclarations
iraniennes, nous les
avons notées, et comme
l'envoi de cet émissaire
correspondrait à une
volonté de dialogue avec
les Iraniens, nous avons
noté cette disponibilité
iranienne à accueillir
un émissaire.
(Qu'est-ce qui
explique que l'on prenne
autant de temps pour une
décision concernant
l'envoi d'un émissaire à
Téhéran, puisque l'on
sait depuis mardi que le
projet est dans l'air.
Nous sommes aujourd'hui
vendredi, cela fait
quatre jours que vous
nous dites que la
réflexion est en cours,
qu'aucune décision n'a
été mise, qu'il n'y a ni
date, ni nom.)
Tout d'abord, ce type
de réflexion se fait
dans la confidentialité
et dans la discrétion,
comme on a pu le
constater depuis
quelques jours. Nous
prenons en compte
différents éléments et
c'est à partir de là que
les autorités politiques
apprécieront pour voir
si le principe d'un
déplacement est confirmé
et à quelle date il
pourrait intervenir.
Je comprends toutes
les questions que tout
cela suscite, mais
n'oubliez pas quand même
que nous avons déjà un
dialogue avec l'Iran.
Nous avons, je le
rappelle, un ambassadeur
à Téhéran. Le ministre a
rencontré M. Mottaki, le
ministre des Affaires
étrangères iranien, à
Beyrouth au mois d'août
dernier. Il l'a revu au
mois de septembre à New
York. Comme
M. Douste-Blazy l'a dit
hier et ce matin je
crois sur certaines
radios, une visite de sa
part n'est pas
d'actualité. Ce dont
nous parlons, c'est de
l'envoi d'un émissaire
qui ne serait pas le
ministre, très
clairement, mais cela
s'inscrit dans le cadre
d'un dialogue qui n'est
pas quelque chose
d'exceptionnel vis-à-vis
de l'Iran.
(Les sanctions qui
sont en cours
d'élaboration vis-à-vis
de l'Iran sont-elles
d'un genre nouveau ?)
Pour cela, je vous
renvoie à tout ce que
nous avons dit sur le
sujet et à la lecture de
la résolution qui est,
je crois, assez précise.
Ce sont des mesures
d'un type assez
classique, qui
concernent le gel des
avoirs, les restrictions
à l'exportation de
certains types de biens.
Ce n'est pas quelque
chose de complètement
nouveau pour répondre à
votre question.
(On n'entrevoit pas
la possibilité de
sanctions économiques
plus lourdes si je
comprends bien ?)
Ce que nous avons
toujours dit, c'est que
nous sommes favorables à
des sanctions
progressives et
réversibles, comme le
Conseil de sécurité le
dit lui-même dans sa
résolution. Ce sont de
premières mesures qui
sont prises et cela
n'exclut pas que
d'autres mesures soient
prises, si l'Iran ne se
conforme pas aux
demandes de la
communauté
internationale. |
* A noter, P.W. |

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Projet de loi d’approbation d’un accord de coopération en
matière de destruction d’armes chimiques entre France et Russie
Sarah CASSELLA
La commission des
affaires étrangères du Sénat français a rendu son rapport sur le
Projet de loi autorisant l'approbation d'un accord entre le Gouvernement
de la République française et le Gouvernement de la Fédération de Russie
relatif à une coopération en matière de destruction des stocks
d'armes chimiques en Fédération de Russie. Ce texte sera
discuté au Sénat au courant du mois de janvier 2007. L’accord comportant des dispositions de
nature législative, il est soumis au Parlement en vertu de l'article 53 de
la Constitution française. La France et la Fédération de Russie ont signé
le 14 février 2006 un accord relatif à une coopération en matière de
destruction des stocks d'armes chimiques en Fédération de Russie. Cet
accord s'inscrit dans le cadre du
Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction
massive et des matières connexes (PMG8), lancé en juin 2002 lors du
sommet du G8 de Kananaskis. Les Etats du G8 s'étaient alors engagés à
appuyer des projets de coopération, en premier lieu avec la Russie, pour
promouvoir la non-prolifération, le désarmement, la lutte contre le
terrorisme et la sûreté nucléaire. Les Etats ont identifié 4 priorités :
·
la destruction
des armes chimiques ;
·
le
démantèlement des sous-marins nucléaires ;
·
l'élimination
des matières fissiles ;
·
le recrutement
d'anciens chercheurs du secteur de l'armement.
La première partie de ce processus vise en particulier à aider la Russie à
respecter les obligations de destruction de son stock d'armes chimiques,
qui lui incombent au titre de la
convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC). A ce jour,
la Russie, qui est le plus important État possesseur d'armes chimiques,
n'a détruit que 3 % du stock de 40 000 tonnes qu'elle a déclaré à
l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. La mise en place
du cadre juridique nécessaire à la coopération franco-russe forme un
préalable indispensable à sa mise en oeuvre, afin de fournir toutes les
garanties indispensables. Un premier projet technique sera mis en oeuvre
dès l'entrée en vigueur de l'accord entre la France et la Fédération de
Russie ; il s'agit d'une coopération relative à la surveillance
environnementale du site de destruction d'armes chimiques de Chtchouchie.
D'autres projets pourront être identifiés et décidés d'un commun accord
entre les autorités russes et françaises.
Cet accord intergouvernemental se compose d'un
préambule et de dix-sept articles. Il fait référence à l'Accord entre le
Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la
Fédération de Russie relatif à la protection des informations et matériels
classifiés, signé à Paris le 18 décembre 2000.
L'article
1er décrit l'objet principal de
l'accord, qui consiste dans l'assistance française à des projets de
coopération liés à la destruction d'armes chimiques en Russie. Du fait du
caractère technique des projets de coopération, il est prévu que l'accord
sera complété par des accords d'application conclus entre les « organismes
habilités » chargés de sa mise en oeuvre.
L'article
3
désigne comme organismes « habilités » le Commissariat à
l'énergie atomique (CEA) pour la Partie française et l'Agence fédérale de
l'industrie pour la Partie russe. Il prévoit par ailleurs la désignation
d'organismes habilités additionnels, ce qui peut être nécessaire pour
garantir un pilotage efficace et continu des projets.
L'article
4 impose la désignation de points de contact au
sein des organismes habilités et définit le rôle de ces organismes. Le CEA
a ainsi vocation à sélectionner des « entrepreneurs principaux », qui sont
considérés comme les représentants officiels de la Partie française. Ils
ont comme tâche d’organiser et de surveiller les travaux des entrepreneurs
sur le terrain. Les travaux qui ne relèvent pas de cette organisation
doivent revenir à des sous-traitants russes. L'accord permettra ainsi des
bénéfices économiques pour les entreprises qui seront retenues par le CEA.
L'article
2 permet la participation financière d'un État
tiers aux projets de coopération franco-russe.
En raison des difficultés à obtenir des visas pour la
Fédération de Russie et afin de ne pas en faire un obstacle au bon
déroulement des coopérations,
l'article 5
prévoit un octroi rapide, gratuit, et sur demande de la Partie française,
de visas pour ses représentants officiels chargés de la mise en oeuvre de
l'accord.
L'article 6
est destiné à prévenir toute difficulté que pourraient occasionner la
législation et la réglementation russes. Il prévoit donc que la Partie
russe délivre rapidement tous permis, licences ou autorisations douanières
nécessaires à la mise en oeuvre des projets de coopération.
Afin de garantir la bonne utilisation des moyens mis à
disposition, l'article
7 prévoit que l'emploi des moyens financiers et des
équipements fournis à titre gracieux par la France pourra être vérifié par
la Partie française, avec la collaboration de la Partie russe. Les
procédures de vérification devront faire l'objet d'un accord
d'application.
L'article 8
prévoit que les informations recueillies doivent être utilisées
exclusivement aux fins spécifiées par l'accord et doivent être considérées
comme confidentielles. Leur divulgation est soumise à autorisation écrite
de l'autre Partie. La question de la protection et de la répartition des
droits de propriété intellectuelle relève, si nécessaire, d'accords
d'application (article
9).
L'article 10
est une des dispositions les plus importantes pour l’application de
l’accord, car il exempte de droits de douane, d'impôts et de taxes russes
l'assistance fournie par
la France. Les
experts étrangers, notamment français, présents en Russie au titre de
l'accord, ne seront pas soumis à imposition. Le non respect par la Partie
russe de ces dispositions suffit à suspendre un projet de coopération.
L'article 11 vise à empêcher un détournement des
matériels mis à disposition de la Partie russe par la Partie française.
L'article 12
précise que l'accord
intergouvernemental n'exonère pas les parties des droits et obligations
qui découlent d'autres accords internationaux qui les engagent.
L'article
13 précise les conditions restrictives d'engagement de
la responsabilité des représentants officiels militaires et civils
français, sans préjudice des immunités qui s'appliquent en vertu du droit
international. Dans l'exercice de leurs fonctions, leur responsabilité
civile ne peut être engagée qu'en cas de mauvaise conduite volontaire, de
négligence grossière, ou d'un accident de la route non pris en charge par
une assurance de responsabilité civile. Cette disposition permet donc de
ne pas entraver la mise en oeuvre des projets de coopération en cas
d'accident dû à un représentant de la Partie française.
L'article 14
renvoie, pour les conditions de suspension des projets de coopération, aux
accords d'application qui les définissent.
L'article 15
traite de façon classique du règlement des différends concernant la mise
en œuvre de l’accord. Il invite, dans un premier temps, les Parties au
dialogue et prévoit éventuellement le recours à un arbitrage
international.
L'article 16
requiert un accord additionnel écrit pour amender le présent accord.
L'article 17 prévoit que l'accord, valable cinq ans et
renouvelable par tacite reconduction pour de nouvelles périodes d'une
année dans la limite de dix ans, peut être dénoncé à tout moment avec un
préavis de quatre-vingt-dix jours.

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Entrée
en vigueur du 3ème protocole additionnel aux Conventions
de Genève de 1949
Antonella
SAMPO |
Le 14 janvier 2007, le
Protocole additionnel III aux Conventions de Genève de 1949, qui
introduit le cristal rouge comme nouvel emblème en droit
international humanitaire, est
entré en vigueur. Six mois après son adoption par une grande
majorité des participants lors d’une
conférence diplomatique qui s’est tenue à Genève en décembre
2005 sous la présidence de la Suisse et à laquelle ont assisté la
plupart des États parties aux Conventions de Genève, le 3ème
protocole met un terme à la polémique qui a agité le Mouvement
international de la Croix Rouge des années durant. Le principe
d’universalité, un des principaux cardinaux qui régissent
l’action du Comité international de la Croix Rouge, pourra désormais
être pleinement respecté.
Le nouvel emblème n’aura pas pour conséquence de supprimer la croix
ou le croissant rouges. Le 3ème protocole offre la
possibilité aux Etats qui le souhaitent
d’utiliser le cristal rouge qui devient un digne protecteur en droit
international humanitaire, qui a vocation à protéger les personnes
et biens qui le revêtent. A l’instar de la croix ou du
croissant rouges, cet emblème aura un rôle à jouer tant en période
de conflit qu’en période de paix. Le Protocole permet, par
ailleurs, aux Sociétés nationales d’inclure un autre emblème ou une
combinaison d’emblèmes déjà reconnus par les Conventions de Genève à
l’intérieur du cristal rouge lorsqu’il est utilisé à titre indicatif
(voir le
dossier du CICR). |

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TPIY :
prestation de serment du juge Frederik Harhoff
Antonella SAMPO
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Le
9 janvier 2007, M.
Frederik Harhoff a prêté serment devant le Tribunal pénal
international pour l’Ex Yougoslavie en qualité de juge ad litem.
La désignation du juge Harhoff par le Secrétaire Général a été
rendue nécessaire par
l’ouverture du procès, le 11 janvier 2007, de
Dragomir Milosevic, successeur de Stanislav Galic au poste de
commandant du Corps Romanija de Sarajevo. Le nombre de juges ad
litem s’élève donc à onze.
Selon
l’Acte d’accusation, le Corps Romanija de Sarajevo aurait
appliqué une stratégie militaire combinant tireurs embusqués et
bombardements pour tuer, mutiler, blesser et terroriser la
population civile de Sarajevo. Les bombardements et les tirs
embusqués auraient fait des milliers de victimes civiles des deux
sexes et de tous âges, y compris des personnes âgées. Dragomir
Milosevic est inculpé de quatre chefs d’accusation de crimes contre
l’humanité et de trois chefs de violations des lois et coutumes de
la guerre. Sa responsabilité pénale individuelle ainsi qu’en tant
que supérieur hiérarchique sont engagées. L’ accusé aurait eu, à
l’époque des faits, Dragomir Milosevic, sous ses ordres 18 000
hommes, regroupés en 10 brigades. |

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Emmanuel Ndindabahizi. la Chambre d’appel
confirme la peine d’emprisonnement à vie, mais corrige des erreurs de
droit des juges du fait
Roland ADJOVI
Le
16 janvier 2007 (communiqué
de presse), la Chambre d’appel du Tribunal pénal international
pour le Rwanda composé des juges
Wolfgang Schomburg (président),
Mohamed Shahabuddeen,
Mehmet Güney,
Liu Daqun et
Theodor Meron, a rendu son
arrêt. Elle a cassé la
condamnation pour génocide et pour meurtre constitutif d’un crime contre
l’humanité, pour les faits survenus au barrage routier de Gaseke. Cela ne
modifie cependant pas la peine d’emprisonnement à vie que la Chambre
d’appel trouve encore proportionnée aux deux condamnations qui demeurent,
à savoir génocide et extermination pour les faits survenus sur la colline
de Gitwa.
Au
barrage routier de Gaseke, il y a eu particulièrement le meurtre de Nors
aussi connu sous le nom de Nturusu (paras. 230 et 231 du
Jugement, 15 juillet 2004).
Nors était un assistant médical et un métis, son père étant Allemand et sa
mère Rwandaise (para. 211 du
Jugement). Selon l’un des
témoins clés de la défense, les assaillants qui ont tué Nors lui en
voulant pour son origine qu’il croyait belge, le Belge étant considéré
comme le complice des Inkotanyi (paras. 208, 211, 213 du
Jugement). Selon un témoin
qui dit tenir l’information de l’épouse de Nors morte en 1996, c’est
Nkubito, un parent à Nors (par alliance, peut-être), qui aurait dit aux
assaillants que son père était Belge, en raison d’un différend ancien
entre eux et pour ainsi se débarrasser de lui (para. 211 du
Jugement). Nkubito aurait
été arrêté à la suite de la dénonciation pour l’un des enfants de Nors, et
serait détenu au Rwanda (para. 212 du
Jugement). C’est dans ces
circonstances pour le moins complexe que la Chambre de première instance
avait conclu de façon simple et limpide que les assaillants percevaient
Nors comme étant, au moins en partie, Tutsi ! (paras. 466-469 du
Jugement). La Chambre de
première instance privilégiait ainsi une approche subjective de la
détermination de l’ethnicité de Nors. La Chambre d’appel n’est pas revenue
sur cette conclusion très critique dans son principe, mais elle a
considéré que les juges du fait n’avaient pas résolu une contradiction
factuelle majeure : des deux témoins essentiels sur le meurtre de Nors,
l’un le situe au 20 mai, l’autre au 26 mai 1994 (para. 115 de l’Arrêt).
En raison de cette contradiction factuelle, la Chambre d’appel a conclu
que les faits n’étaient pas bien établis, s’agissant de la relation entre
l’incitation éventuelle par l’accusé, et le meurtre de Nors. Elle évite
ainsi un débat qui aurait mérité d’être pour l’établissement d’un principe
juridique important s’agissant du crime de génocide, et de faits
historiques même si ceci n’est pas la fonction première de la justice
pénale.
Le
juge Shahabuddeen émet sur ce
point, une opinion séparée. De son avis, la Chambre de première instance
avait fait un choix qui certes pourrait être contesté par d’autres juges
du fait, mais qui n’en reste pas moins justifiée : selon lui, la Chambre
d’appel n’avait pas de raison de droit de la casser. Toutefois, de son
avis, le procureur aurait semé le doute en semblant retirer son allégation
relative au meurtre de Nors (para. 22 de l’opinion). Dans le
Jugement, on pouvait lire
que le procureur aurait affirmé de façon sibylline que le meurtre de Nors
n’était pas en cause dans l’allégation d’incitation au génocide : « We
would never argue that Nors was part of our case, Your Honour, but the act
of instigation was not limited to Nors.
Nors just
happened to be passed by the roadblock. Therefore, if you believe Witness
CGC, the Accused has to be found guilty of genocide just on the basis of
that event and nothing else. » (Note de bas de page 602, para.
466 du
Jugement). La question
spontanée est : si le meurtre de Nors ne devait pas être considéré,
pourquoi le procureur pouvait-il encore demander que l’accusé soit
condamné sur ce seul fait ? Il y a une logique que le procureur était seul
à comprendre… jusqu’au
Jugement, la Chambre ayant
suivi l’argumentaire de l’accusation. Il y a lieu de s’interroger et la
Chambre d’appel a évité ce débat. Le juge Shahabuddeen qui le souligne à
juste titre a estimé qu’il ne lui était pas nécessaire en l’espèce de le
développer. Voilà donc une autre occasion manquée.
Enfin la Chambre d’appel, de sa propre initiative, a discuté les
condamnations alternatives (para. 121, Arrêt).
Au
paragraphe 485 du
Jugement,
la Chambre de première instance avait affirmé : « Alternatively, the
Chamber finds that by these words and deeds, the Accused directly and
substantially contributed to the crime of extermination committed by the
attackers at Gitwa Hill, and is thereby guilty of both instigating, and of
aiding and abetting, that crime. »
Le
Jugement ne dit pas quelle
a été la place de cette condamnation alternative sur la peine, ni
l’intérêt d’en avoir fait état. L’accusé aurait pu considérer à juste
titre qu’elle avait joué un rôle au moins au titre des circonstances
aggravantes. La Chambre d’appel ne suit pas cette voie, et conclut à la
majorité que cette condamnation alternative n’a pas influé sur la peine.
Toutefois elle invite, à mots couverts, les Chambres de première instance
à éviter cette forme de déclaration de culpabilité ambiguë (paras.
122-123, Arrêt). Le juge Güney s’oppose sur ce dernier point. De
son avis, l’élément matériel de l’extermination tel que défini dans les
arrêts
Ntakirutimana (para. 522)
et
Stakic (para. 259) n’était
pas présent en l’espèce, et la conclusion des juges du fait constituait
une erreur de droit. Mais ce débat avait-il une importance si la Chambre
d’appel est unanimement d’avis que la condamnation alternative n’avait pas
eu de conséquence sur la peine ? Seulement dans le principe, et nous avons
déjà vu que la Chambre a évité deux débats de principe. C’était peut-être
là le troisième.
On
peut donc dire que cet arrêt est marqué par la mesure et la prudence face
à des questions de principe que la Chambre d’appel a pourtant le devoir de
trancher. A quand une réponse ?

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République du
Congo/ Affaire des disparus du Beach :
la Cour
de Cassation française relance la procédure
Antonella
SAMPO
Par une
décision du 10 janvier 2007, la
Chambre criminelle de la Cour de cassation française a cassé et annulé
« en toutes ses dispositions » la décision du 22 novembre 2004 de la
Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris qui avait annulé
l’intégralité de la procédure des « Disparus du Beach » de Brazzaville. La
Cour de cassation a ainsi décidé de renvoyer l’affaire devant la
juridiction de Versailles laissant la voie ouverte à la réouverture de
l’enquête sur la disparition de 353 congolais entre mai et juillet 1999.
Ces personnes déplacées revenaient au Congo par le port fluvial de
Brazzaville, dit « le Beach », à la suite d'un accord définissant un
couloir humanitaire sous les auspices du Haut Commissariat des Nations
Unies pour les réfugiés. Cette affaire concerne l’ application de la
compétence universelle des Etats en matière de violations graves des
droits de l’homme et ses effets sur le principe de souveraineté étatique.
Des familles de disparus avaient porté plainte en 2001 en France devant le
tribunal de Meaux pour des faits d’arrestation arbitraire, des actes de
torture et des disparitions forcées constitutifs de crimes contre
l'humanité contre plusieurs dirigeants congolais, dont le président Denis
Sassou Nguesso. Cependant, après une longue instruction, l'enquête a été
intégralement annulée par la cour d'appel de Paris. La fédération
internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH),
l'association ligue française pour la défense des droits de l'homme et du
citoyen (LDH), l'association observatoire congolais des droits de l'homme
(OCDH) se sont constitués parties civiles auprès de particuliers et ont
alors formé un pourvoi en se fondant sur la
violation des articles 1er, 5, 6 et 7 de la Convention de New
York du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitement
cruel, inhumain ou dégradant ainsi que des 3, 6, 13 et 14 de la Convention
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La Cour a rappelé qu’en application des articles
689, 689-1 et 689-2 du Code de procédure pénale, « peut être poursuivie et
jugée par les juridictions françaises, si elle se trouve en France, toute
personne qui, hors du territoire de la République, s'est rendue coupable
de torture au sens de l'article 1er de la
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants, adoptée à New York, le 10 décembre 1984 ».
Elle a poursuivi en soulignant que de ces dispositions donnent le pouvoir
au procureur « le droit de requérir l'ouverture d'une information au vu de
tous renseignements dont il est destinataire et que le réquisitoire
introductif ne peut être annulé que s'il ne satisfait pas en la forme aux
conditions essentielles de son existence légale ». La Cour a jugé que ce
n était pas le cas en l’espèce et a estimé que compte tenu de la
régularité de la procédure, du fait que « les personnes soupçonnées
d'avoir commis les faits dénoncés étaient nommément désignées dans la
plainte et qu'enfin, (…) au moment de l'engagement des poursuites, des
éléments suffisants de la présence en France d'au moins l'une d'entre
elles, Norbert Y... ayant sa résidence habituelle sur le territoire
français où il est établi avec sa famille » apparaissaient au dossier,
« la chambre de l'instruction a méconnu le sens et la portée des textes
susvisés et des principes ci-dessus rappelés ».
Suite à l’ouverture de la procédure en France, la République du Congo
avait saisi la Cour
internationale de Justice (CIJ) afin de « faire annuler les actes
d’instruction et de poursuite accomplis» par les magistrats français
concernés » à l’encontre notamment du ministre congolais de l’intérieur,
M. Pierre Oba, et dans le cadre desquels une commission rogatoire avait
été délivrée aux fins de l’audition comme témoin du président de la
République du Congo, M.
Denis Sassou Nguesso. Dans sa requête, la République du Congo
soutenait qu’en «s’attribuant une compétence universelle en matière pénale
et en s’arrogeant le pouvoir de faire poursuivre et juger le ministre de
l’intérieur d’un Etat étranger à raisons de prétendues infractions qu’il
aurait commises à l’occasion de l’exercice de ses attributions relatives
au maintien de l’ordre public dans son pays », la France a violé «le
principe selon lequel un Etat ne peut, au mépris de l’égalité souveraine
entre tous les Etats membres de l’[ONU] ... exercer son pouvoir sur le
territoire d’un autre Etat».
A l’annonce de cette décision de la plus haute juridiction française, le
gouvernement congolais aurait distribué un communiqué à la presse,
qui a également été lu à la télévision et à la radio officielle par son
porte-parole et ministre de la Communication,
Alain Akouala par lequel il déclarait : «
L'immixtion de la justice française dans
le règlement judiciaire de crimes et délits reprochés a des Congolais au
Congo est une atteinte grave à la souveraineté de notre pays. Elle est
susceptible d'entraîner, si elle ne prend pas fin tout de suite, une
détérioration grave des rapports de coopération entre la France et le
Congo ».

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La Convention interaméricaine de Belém do Pará sur la
violence à l'égard des femmes
relève
de la compétence de la CIADH
« Penal
Miguel Castro Castro vs. Perú ».
Karine RINALDI |
Du début des années 80 jusqu’à la fin de l’année 2000 s’est développé un
conflit armé au Pérou dans lequel les exécutions extrajudiciaires et les
disparitions forcées de personnes suspectées d’appartenir à des groupes
armés tels que le Sentier Lumineux et le Mouvement Révolutionnaire Tupac
Amarú étaient des pratiques systématiques. Comme souvent, une
Commission Vérité et Réconciliation a été mise en place pour
éclaircir les faits et les responsabilités des actes commis. Elle a rendu
le 27 août 2003 son rapport final dans lequel elle rend l’Etat responsable
de 75 % des actes.
Une partie spécifique du rapport traite du cas de la présente affaire. Les
prisons, pendant ces années, n’étaient « pas seulement des espaces de
détention, mais des endroits contrôlés par le Parti Communiste du Pérou,
le Sentier Lumineux, qui y étendait le conflit armé » ; et à partir du
coup d’Etat de 1992, l’Etat se livrait à des pratiques incompatibles avec
la protection du droit à la vie. A l’époque des faits, le pavillon 1A de
la prison Miguel Castro Castro était majoritairement occupé par des
femmes, membres présumées du Sentier Lumineux.
L’opération « Mudanza 1 » fut une attaque préméditée qui allait se
dérouler du 6 au 9 mai. Le 6 mai, la police nationale abattait le mur du
pavillon 1A à l’aide d’explosifs. Le lendemain, Fujimori interdisait la
présence dans les environs des organismes de défense des droits de
l’homme, et ordonnait les coupures d’électricité, d’eau et d’alimentation,
ainsi qu’un accroissement des attaques. Le 8 mai, les tirs s’opéraient
depuis des hélicoptères.
Postérieurement au 9 mai, sous l’incessante menace des armes des policiers
et sous l’oeil de Fujimori qui s’était rendu dans la prison, les
survivants ont dû rester allongés sur le ventre dans le patio de la prison
pendant des jours, y compris les femmes enceintes. Certaines ont été
transférées dans d’autres prisons, subissant des maltraitances constantes,
physiques et psychologiques, enfermées par 2 dans des cellules de
4 m², en obscurité constante,
victimes de coups, de décharges électriques, punies si elles refusaient de
chanter l’hymne national.
La Cour
examine si des raisons justifiaient une telle violence, et conclut que
c’était un massacre, que rien ne permet d’affirmer que les prisonniers
représentaient un danger qui méritait une attaque d’une telle magnitude.
41 sont décédés, et environ 190 ont été blessés. Le § 404 de l’arrêt parle
de « crimes contre l’Humanité ». L’Etat est indiscutablement responsable
internationalement, il l’a d’ailleurs reconnu, ce qui, aux yeux de
la Cour, aura une grande
incidence dans l’ordre interne puisque pendant plusieurs années ces faits
avaient été niés ou alors légitimés dans le cadre de la lutte contre le
terrorisme. Au cours des audiences publiques, l’Etat avait déclaré que les
faits « ne peuvent être cachés, on ne peut cacher la douleur, on ne peut
cacher les blessés ». Il a par ailleurs avoué que l’acte avait un
destinataire : le Sentier Lumineux. Cependant, la controverse sur les
faits persiste puisque l’Etat ne reconnaît pas sa responsabilité pour les
faits postérieurs au 9 mai.
*
La Cour
conclut à la violation de l’article 4 de la
Convention Américaine des droits de l’homme (droit à la vie) ;
à la violation de l’article 5 (droit à l’intégrité de la personne), en
connexion avec les articles 1, 6 et 8 de la
Convention interaméricaine pour la prévention et la répression de la
torture ; et aux violations des articles 8 et 25 en connexion
avec la
Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination
de la violence contre la femme, et la convention
interaméricaine pour la prévention et la répression de la torture.
Concernant l’intégrité personnelle des prisonniers, celle-ci a été
violée :
-
en conséquence
de l’opération : la simple menace, suffisamment réelle et imminente, d’une
conduite interdite par l’article 5 peut être en elle-même une
transgression de la norme en question ;
-
postérieurement
au 9 mai, pour les conditions inhumaines dans lesquelles ont été détenus
les prisonniers ;
-
pour les
traitements reçus dans les centres de santé, dont les violences sexuelles
à l’encontre de 6 femmes. Prenant en compte les dispositions de l’article
2 de
la Convention
américaine contre la torture, la Cour conclut qu’un acte de viol commis
sur l’une des victimes est constitutif de torture ;
-
pour les
conditions générales de détention après l’opération.
La Cour renvoie aux travaux du
Comité contre la Torture, ainsi qu’à l’arrêt
Mikheyev v. Russie de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Mais l’article
5 a
également été violé à l’égard des membres des familles qui se sont fait
insulter et frapper par les autorités dans le but de les éloigner de la
prison, et pour l’omission de l’Etat dans la fourniture d’informations.
La violation des articles 8 et 25 ne fait non plus aucun doute. En effet,
l’Etat est loin d’avoir rempli les exigences du Manuel sur la prévention
et l’enquête effective d’exécutions extrajudiciaires, arbitraires et
sommaires de l’ONU ; et les procès ouverts 13 ans après les faits ne
concernent pas les faits postérieurs au 9 mai.
*
L’extension du droit applicable par la Cour s’est faite par voie
conventionnelle et jurisprudentielle. Dans
la Convention
contre les disparitions forcées de personnes, une clause attribue
expressément juridiction à la Cour, ce qui n’est pas le cas de la
Convention contre les tortures. Dans
la Convention
de Belém do Pará, si l’article 11 fait une référence expresse à la
compétence consultative de la Cour, l’article 12, selon A. A. Cançado
Trindade, aurait pu être beaucoup plus clair.
La Cour
précise ici que comme elle l’a fait en d’autres occasions, elle peut
exercer sa compétence pour appliquer la convention contre la torture et
déterminer la responsabilité de l’Etat conformément à ce traité. Mais ce
qui est à souligner dans cet arrêt est l’analyse du genre qui est posé
pour la première fois devant
la Cour. En
appliquant le noyau dur de la convention sur la prévention, la sanction et
l’élimination de la violence contre la femme, l’article 7,
la Cour contribue à une nouvelle
extension du corpus juris.
Les opinions individuelles des juges de la CIADH semblent être de
véritables cours de droit international. Sergio García Ramirez estime que
si les textes généraux étaient suffisants, il n’y aurait pas de nécessité
de développer des textes spécifiques. Or des mesures spéciales qui
reconnaissent les caractéristiques propres de la femme et des droits
directement en relation avec cette condition de femme ont bien lieu
d’être. Le Président note que « la Cour a clairement établi que le
principe d’égalité et de non discrimination n’est pas lésé lorsque l’on
traite différemment des personnes dont la situation le justifie,
précisément pour les placer dans une position où elles peuvent réellement
exercer et profiter de manière authentique des garanties que la loi
reconnaît à toutes les personnes ».
Le juge Cançado Trindade regrette une fois encore l’évolution de la pensée
de la doctrine qui semble oublier l’existence du crime d’Etat.
*
Alors que le représentant du Pérou à l’OEA
estime que l’Etat se doit d’obéir à cet arrêt, le Président Alan
García considère quant à lui que cette décision qui ordonne
l’indemnisation des familles et l’inscription des noms des victimes sur un
mémorial est révoltante, il
déclare qu’en « aucune manière » il ne rendra hommage aux terroristes.
« Il est révoltant pour la population qu’un tribunal soit arrivé à cette
conclusion, le Pérou a été la victime de la folie diabolique de cette
secte qui voulait détruire ». Son gouvernement demandera prochainement à
la Cour une interprétation de
son arrêt.

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Argentine : arrestation de l’ancienne présidente Isabel
Peron en Espagne
Antonella SAMPO
En application d’un mandat d’arrêt international lancé par le juge fédéral
argentin, Raul Acosta, dans le cadre
des exactions commises sous sa présidence (1974-1976), Isabel Peron,
ancienne présidente de l’Argentine a été arrêtée à son domicile madrilène,
le 12 janvier 2007 (voir
l’annonce des autorités espagnoles). M. Acosta a souhaité interroger
Mme Peron sur la disparition en 1976 d'un homme qui aurait été vu pour la
dernière fois escorté par des agents de la sûreté d'Etat. Après avoir
effectué quelques heures de détention, Mme Peron a bénéficié d’une liberté
provisoire. Le 16 janvier 2007, la justice argentine a lancé un nouveau
mandat d'arrêt international contre l'ex-présidente dans le cadre de
l'enquête sur les crimes commis par l'organisation d'extrême droite Triple
A dans les années 70. Outre la demande d’arrestation et d’extradition de
Rodolfo Almiron, qui est considéré comme l'un des ex-chefs de l'Alliance
anti-communiste Argentine (Triple A), un autre juge argentin Norberto
Oyarbide a souhaité entendre Mme Peron.
En Argentine, des enquêteurs ont décidé de rouvrir des dossiers concernant
l'Alliance argentine anti-communiste, un escadron de la mort d'extrême
droite connu sous le nom de "Triple A", qui selon les défenseurs des
droits de l'homme ont assassiné ou enlevé jusqu'à 2000 personnes avant la
dictature militaire de 1976-1983. D'après des chiffres officiels, plus de
11'000 personnes ont été tuées sous le régime militaire, mais des ONG
estiment que le vrai bilan est plus proche des 30'000 morts.
Maria Estela Martinez, dite Isabel ou Isabelita Peron, est la veuve du
général Juan Peron, trois fois président de l'Argentine et a succédé à son
époux. Agée de 75 ans, elle vit en exil en Espagne depuis 1981.

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Régionalisation et/ou mondialisation de la politique contre le
réchauffement climatique ?
Danilo COMBA |
Lors de la dernière
Conférence CCCC de 2006 à Nairobi, le précédent Secrétaire Général de
l’ONU, K. Annan, avait souligné le manque effrayant de leadership dans la
lutte contre les changements climatiques (voir
Sentinelle).
A partir de cela, nous
pouvons noter une plus forte détermination de l’UE à s’afficher comme
l’avant-garde dans les futures politiques économiques environnementales,
soucieuse de montrer son adhérence avec les perspectives de développement
durable posées par le
Rapport Stern. Si le poids de cette Organisation peut favoriser
l’adoption d’un future « Protocole de Kyoto », il est néanmoins nécessaire
que la lutte contre le réchauffement climatique ne soit pas fondée que sur
une perspective de stratégie économique et de compétitivité.
Un des risques est
qu’avec la
suspension du Cycle de Doha, non seulement le commerce soit entré (ou
plutôt retourné) dans une logique de rapports bilatéraux parmi les Etats,
mais également que ce basculement n’entraîne le
déplacement des débats concernant l’environnement hors des cadres
multilatéraux, comme celui fondamental de la CCCC, lentement établis.
Le Secrétaire exécutif
de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, Yvo de
Boer a en effet appelé le nouveau Secrétaire général Ban Ki-Moon
à prendre le leadership de la lutte contre le réchauffement climatique,
à partir de l’organisation d’un sommet mondial pour faire avancer le
dialogue politique et pour définir une action globale. En soulignant que
« les intérêts sont différents et variés », le haut responsable a
regretté que les initiatives prises actuellement n'incluent pas les pays
en développement et leurs préoccupations (par exemples les besoins des
petits Pays insulaires déjà touchés par les variations climatiques).
C'est pourquoi il est
important que « le leadership revienne aux Nations Unies (et au processus
de la CCCC)
qui représentent la diversité des points de vue et où tous les intérêts
peuvent être pris en compte ». Il souligne que le Secrétaire Général
serait dans une position excellente pour mobiliser les chefs de
gouvernements qui doivent s’engager fortement dans cette lutte ayant des
conséquences graves pour l'humanité (dans un article l’UE la défini comme
une « guerre ») parce que le réchauffement climatique est devenu plus
qu'un problème d'environnement.
En confirmant que le
réchauffement climatique était une priorité pour lui et dans une
perspective plus complète une nécessité pour les Objectifs du Millénaire
pour le
Développement, il a également abordé la question au cours de ses
rencontres
le 17 janvier avec le président des Etats-Unis Bush,
traditionnellement opposé à la démarche du Protocole de Kyoto et à un
engagement environnemental contraignant, et avec la présidente de la
Chambre des représentants, Nancy
Pelosi.

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Le 16 janvier 2007, la Commission
européenne a approuvé sous réserves les plans nationaux d’échanges de
crédits d’émission de CO2 de la Belgique et des Pays-Bas, dans le cadre du
système d’échanges de quotas d’émission (SCEQE), pour la
seconde période de sa mise en œuvre, 2008-2012. Ce programme s’insère
dans la politique et les objectifs déterminés par le
Protocole de Kyoto (texte
du protocole ; voir également site
Wikipédia ; explication mise en œuvre par le
ministère français de l’industrie).
Le
système européen est entré en vigueur en janvier 2005 et résulte d’une
directive
2003/87/CE modifiée par une autre directive 2004/01/CE ; ces deux
textes fixent une douzaine de critères pour élaborer les plans. Certains
tiennent au respect des engagements contractés par les Etats-membres dans
le cadre du Protocole de Kyoto et aux engagements contractés par l’UE.
D’autres tiennent au respect des règles communautaires comme la libre
concurrence et les aides d’Etat. Ce système permet l’échange des droits
d’émissions des gaz à effets de serre entre les entreprises émettrices.
Les 15 pays composant initialement l’UE
doivent réduire leurs émissions de 8% en 2012 par rapport à 1990. Un
véritable marché est ainsi mis en place, mais pour l’instant limité
seulement à certains domaines le temps de l’expérimenter. Les plans
nationaux fixent des plafonds de quotas d’émission.
Pour revenir aux deux plans nationaux
examinés ce mois-ci par la Commission, il convient de préciser que les
deux Etats sont dans l’obligation de modifier leur plan et surtout de
réduire plus le total des quotas d’émission. L’allocation annuelle pour la
Belgique a été située à 58,5 millions de tonnes et à 85,8 pour les
Pays-Bas.
Ces deux plans viennent rejoindre dix
autres plans adoptés en novembre 2006, ce qui représente désormais la
moitié des quotas alloués lors de la période 2005-2007.
La Commission, en outre, a engagé des
procédures d’infraction contre le Danemark et la Hongrie (IP/06/1364
et
IP/06/1763) qui n’ont toujours pas présenté leurs plans.
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Informations relatives aux différentes décisions:
Belgique:
plan
accepté sous réserve de modifications.
1)
L'allocation annuelle ne doit pas dépasser 58,5 millions de quotas.
2) Des
précisions doivent être fournies quant au traitement réservé aux
nouveaux entrants.
3) Les
ajustements a posteriori prévus doivent être supprimés.
Pays-Bas:
plan
accepté sous réserve de modifications.
1)
L'allocation annuelle ne doit pas dépasser 85,8 millions de quotas.
2) La
part des quotas obtenue en réduisant l'allocation du secteur de la
production d'électricité ne doit pas être redistribuée aux autres
secteurs en fonction des achats d'électricité.
3)
L'application d'un facteur d'efficacité énergétique, l'utilisation
des données historiques relatives aux émissions et toute
redistribution de quotas obtenue en réduisant l'allocation du
secteur de la production d'électricité doivent permettre
suffisamment d'éviter une allocation au-delà des besoins attendus au
niveau de l'installation.
4)
Certaines installations couvertes par tous les autres plans doivent
être ajoutées à la liste des installations.
5) Les
ajustements a posteriori prévus doivent être supprimés.
6) La
quantité totale maximale de crédits résultant de projets liés au
protocole de Kyoto (REC et URE) pouvant être utilisée par les
exploitants afin de se conformer à leurs obligations ne doit pas
dépasser 10 %. |

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Israël et le PNUE
signent un accord de coopération
Tidiani COUMA |
Le Directeur exécutif du Programme des
Nations Unies pour l’environnement et l’Ambassadeur Emanuel Seri (au
nom du ministère israélien des affaires étrangères) ont signé le18
janvier 2007, à Nairobi un
Accord de coopération.
Lors de cette signature, le ministère
israélien des affaires étrangères était représenté par le
MASHAV Center for International
Cooperation.
L’Accord
en question met en place une coopération formelle conformément à la
Stratégie de Bali.
Il a pour but de coordonner les ressources du PNUE et du MASHAV afin
de permettre aux Etats en développement et les Etats dont l’économie
est en transition d’atteindre leurs objectifs environnementaux. |
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Obs.
L'accord est relatif à l'assistance technique que pourrait apporter
Israël aux pays en développement ou en transition dans les domaines
relatifs à la protection de l'environnement (gestion de l'eau,
assainissement, traitement des déchets, lutte contre la
désertification, etc.) (PW). |

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Archive |
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-
UNESCO, prochaine entrée en vigueur de la Convention sur la
protection et la promotion de la diversité des expressions
culturelles (S. URBINATI, 5 janvier 2006)
-
Collaboration Francophonies – Hispanophonie – Lusophonie : défense
de la diversité linguistique et culturelle (J. RIOS RODRIGUEZ, 12
novembre 2006)
-
Assemblée générale : résolution sur la coopération avec
l’Organisation internationale de la Francophonie (J. RIOS
RODRIGUEZ, 12 novembre 2006)
-
XIe Sommet de la Francophonie à Bucarest (F. COSITCA et J. RIOS
RODRIGUEZ, 1 octobre 2006)
-
59ème session du Conseil permanent de la francophonie
(J. RIOS RODRIGUEZ, 23 avril 2006)
-
État Généraux de la Francophonie en Roumanie (J. RIOS RODRIGUEZ, 2
avril 2006)
-
Un mémorandum relance le plan de renforcement du français dans
l’Union Européenne (J. RIOS RODRIGUEZ, 26 février 2006)
-
La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
entrera en vigueur le 20 avril 2006 (F. RAACH, 5 février 2006)
-
Maintien de l’accord italo-américain protégeant le matériel
archéologique italien (S. CASSELLA, 22 janvier 2006)
-
Haute Conseil de la Francophonie « Éducation et Francophonie » (J.
RIOS RODRIGUEZ, 15 janvier 2006)
|
-
Francophonie programme de stabilisation du droit français au
Vanuatu (A. RAINAUD, 8 janvier 2006)
-
La Francophonie adopte la Charte d’Antananarivo (J. RIOS RODRIGUEZ,
4 décembre 2005)
-
Conférence de la francophonie : opérations de maintien de la paix
et disponibilité d’effectifs francophones (A. RAINAUD, 4 décembre
2005)
-
Participation de la Francophonie au Sommet Mondial sur la Société
de l’Information : enjeux culturels et linguistiques (J. RIOS
RODREIGUEZ, 27 novembre 2005)
-
Adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles (F. COSTICA, 23 octobre
2005)
-
France, prochaine ratification de la Convention pour la sauvegarde
du patrimoine culturel immatériel (P. WECKEL, 23 octobre 2005)
-
Assemblé Générale : parité absolue des 6 langues officielles sur
le site Internet de l’ONU (P. WECKEL, 16 juin 2005)
-
UNESCO, avant projet de convention sur la diversité culturelle (G.
HOURRIEZ.BOLATRE, 19 juin 2005)
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France : le parlement adopte
la loi relative au siège, aux privilèges et immunités de l’ASECNA
Tidiani COUMA
|
Le Parlement
français a adopté la loi
n° 2007-11(v.
JO
n° 4 du 5 janvier 2007
).
Cette loi (v.
dossier
)
autorise le
gouvernement à signer l'Accord
entre le Gouvernement de la République française et l'Agence
pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à
Madagascar (ASECNA )
relatif à l'établissement à Paris d'une délégation de l'Agence pour
la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar et
à ses privilèges et immunités sur le territoire français (ensemble
une annexe et l'avenant n°1 à cet accord n° 2007-11 du 4 janvier
2007). |
|
Obs.
Rappelons que cette organisation internationale gère le service public
du contrôle aérien pour le compte d'un ensemble d'Etats et qu'elle est
financée par les redevances versées par les usagers. Il s'agit d'un
véritable établissement public international (PW). |

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OMC – cycle de Doha
Négociations
Guillaume AREOU |
Le mois
de janvier est généralement consacré à la période des vœux. Une
série de rencontres a permis aux principaux dirigeants des
puissances commerciales mondiales de formuler de nouveau leur
souhait de voir une reprise des négociations et plus encore, la
conclusion d’un accord ambitieux sur le cycle de Doha.
Pour la
première fois depuis longtemps, une nouvelle dynamique semble animer
les Etats-Unis et l’Union européenne. En effet, le Président Bush et
le Président de la Commission européenne, M. Barroso, ont eu
un entretien au cours duquel ils ont affirmé que « la meilleure
manière d’aider les pays pauvres était de terminer le cycle de
Doha ». Le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson,
affirma voir « de nouveaux espoirs pour les négociations ». Cette
dynamique n’est pas sans rappeler la période antérieure à la
conférence ministérielle de Hong-Kong où une succession de
propositions avaient eu lieu entre les deux rives de l’Atlantique.
Ces propositions s’étaient soldées par une conférence en demi
teinte.
Le
contexte est aujourd’hui différent. Le directeur général de l’OMC a
en effet suspendu les négociations au cours du mois de juillet. Les
différentes organisations régionales, le G-20, le G-33 et également
le G-77 avaient appelé de leurs vœux une reprise des négociations.
La
rencontre entre le Président Bush et Angela Merkel, qui préside
actuellement l’Union européenne, donne l’impression que les deux
parties souhaitent prolonger cet élan pour accélérer une reprise des
négociations.
Cependant, même si tout le monde s’accorde à dire qu’il est urgent
de surmonter les divergences, une certaine prudence doit être de
rigueur. Ainsi,
la représentante américaine au commerce, Susan Schwab, a affirmé
que « sooner is better but the content will dictate over chronology ».
Il est donc encore nécessaire que les parties travaillent sur le
fond pour parvenir à un accord satisfaisant. Le
Premier ministre français, Dominique de Villepin, a ainsi
indiqué la volonté de la France de parvenir à un accord global et
ambitieux sous condition de réciprocité.
L’Organisation
mondiale du commerce et les pays en développement ont besoin de cet
accord.
Pascal Lamy réaffirmait encore récemment « qu’achever le cycle
de Doha est crucial pour les pays tant développés qu’en
développement car il s’agit d’un outil fondamental pour contrôler et
canaliser la mondialisation et pour assurer notre développement
durable ». |
|
Obs.
Il convient de remarquer le
communiqué du premier ministre français qui résonne comme un
rappel à l'ordre adressé au commissaire européen en charge de la
négociation. Le mandat de la Commission européenne est inchangé
et la France souligne son intérêt pour la taxe carbone et pour
l'ouverture des marchés publics (PW). |

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Le Nicaragua deviendra partie au Traité du commerce des
peuples
Jacobo RIOS RODRIGUEZ
Le 8 janvier 2007, le Nicaragua
a déclaré être prêt à signer, dans les jours qui suivent, le
Traité du commerce des peuples, déjà signé par la Bolivie, Cuba et le
Venezuela depuis avril 2006. Cette déclaration intervient immédiatement
après l’élection de Daniel Ortega comme Président.
Il s’agit d’une
alternative au Traité de libre commerce promu par les Etats-Unis (ALCA),
proposée par Evo Morales lors de l’adhésion de la Bolivie à
l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) : « Los gobiernos
de las Repúblicas Bolivariana de Venezuela, de Bolivia y Cuba, han
decidido dar pasos concretos hacia el proceso de integración, basados en
los principios contenidos en la Declaración Conjunta suscrita el 14 de
diciembre de 2004, entre la República Bolivariana de Venezuela y la
República de Cuba, a los cuales se acoge y hace suyos el Gobierno de
Bolivia » (article
1).
L’adhésion du Nicaragua est un signe de
plus de l’ouverture de ce Traité à d’autres Etats souhaitant s’y associer.
Le moment où elle se produit, immédiatement après des élections
présidentielles, démontre pour sa part le caractère de cet accord, qui
tout en ayant des buts économiques n’est pas dépourvu de connotations
politiques.

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OMI :
entrée en vigueur de règles plus strictes pour le transport maritime
des produits liquides nocifs et des huiles végétales
Tidiani COUMA
|
L’Organisation Maritime Internationale a annoncé l’entrée en vigueur de
règles plus contraignantes pour réglementer le transport en vrac des
produit chimiques et des huiles végétales par les navires (voir).
Ces règles sont entrées en vigueur le 1er janvier 2007. La
nouvelle réglementation intervient à la suite des amendements apportés à
la
Convention internationale pour la prévention de la pollution par les
navires modifiée en 1978 par le protocole
MARPOL
73/78.
Les aménagements apportés figurent principalement dans l’Annexe
I
et dans l’Annexe
II
du protocole. Ils contiennent des dispositions relatives au transport de
ces produits. Ce transport doit se dérouler dans le stricte respect de la
protection de l'environnement marin.
Les dispositions révisées de l’Annexe I adaptent et introduisent des
règles nouvelles. Ainsi, cette Annexe incorpore les divers
amendements apportés à la Convention MARPOL.
L’Annexe I contient également des dispositions relatives à la construction
et à l’équipement des nouveaux navires ainsi des dispositions relatives à
l’utilisation des anciens.
L’Annexe II révisée est relatif au transport
substances liquides nocives. L’Annexe introduit de
nouvelles catégories de produits :
·
Category X:
Noxious Liquid Substances which, if discharged into the sea from tank
cleaning or deballasting operations, are deemed to present a major hazard
to either marine resources or human health and, therefore, justify the
prohibition of the discharge into the marine environment;
·
Category Y:
Noxious Liquid Substances which, if discharged into the sea from tank
cleaning or deballasting operations, are deemed to present a hazard to
either marine resources or human health or cause harm to amenities or
other legitimate uses of the sea and therefore justify a limitation on the
quality and quantity of the discharge into the marine environment;
·
Category Z:
Noxious Liquid Substances which, if discharged into the sea from tank
cleaning or deballasting operations, are deemed to present a minor hazard
to either marine resources or human health and therefore justify less
stringent restrictions on the quality and quantity of the discharge into
the marine environment; and
·
Other Substances:
substances which have been evaluated and found to fall outside Categories
X, Y or Z because they are considered to present no harm to marine
resources, human health, amenities or other legitimate uses of the sea
when discharged into the sea from tank cleaning of deballasting
operations. The discharge of bilge or ballast water or other residues or
mixtures containing these substances are not subject to any discharge
requirements of MARPOL Annex II.

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France : adoption du projet de loi autorisant
l’adhésion de la France à la Convention internationale sur le
contrôle des systèmes antisalissures nuisibles sur les navires
Tidiani COUMA
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Le Parlement français adopté
le
Projet
de loi
n° 2007-9 autorisant l'adhésion à la
Convention internationale sur le contrôle des systèmes antisalissures
nuisibles sur les navires
(AFS).
La Convention
internationale de l'Organisation maritime internationale sur le contrôle
des produits antisalissures dangereux, (convention AFS) adoptée lors d'une
conférence diplomatique de l'OMI en octobre 2001, prévoit une interdiction
à compter du 1er janvier 2003, en ce qui concerne l'interdiction
d'application de revêtements au TBT sur les navires et à partir du 1er
janvier 2008, en ce qui concerne l'élimination des revêtements contenant
du TBT actif des navires.
La Convention AFS entrera en vigueur 12 mois après avoir été ratifiée par
au moins 25 États membres représentant au moins 25% du tonnage de la
flotte mondiale des navires de commerce (V.
état).
Considérant qu'il existe aujourd'hui des produits de substitution non
polluants, la Convention AFS interdit l'utilisation de tous les composés
organostanniques nuisibles dans les peintures antisalissure utilisées dans
les navires. Aujourd'hui, cette interdiction est limitée aux composés
organostanniques, mais la Convention prévoit un mécanisme permettant
d'éviter toute utilisation future éventuelle d'autres substances nuisibles
dans les systèmes antisalissure conformément au principe de précaution.
Il faut rappeler que par un Règlement
782/2003 du Parlement européen et du Conseil du 14 avril 2003 (v.
JOUE L
115/1 9/5/2003, p.1), l’Union européenne a interdit les
composés organostanniques sur les navires.

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Nouvelles mesures de protection
pour une pêche responsable en Méditerranée
Danilo COMBA |
La gestion
des pêches en Méditerranée est particulièrement complexe vu que quelque
20 pays la bordent et s'en partagent les eaux. De plus, beaucoup entre eux
n'ont pas établis des zones économiques exclusives (ZEE) se contentant
d'une mer territoriale au large de leurs côtes, qui se traduit par le fait
qu'une grande partie de la Méditerranée est considérée comme zone de
haute mer, et donc, a priori, complètement libre . Néanmoins ces eaux
de haute mer ne sont pas très éloignées des côtes et donc facilement
accessibles du rivage.
La Commission
générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM),
créée
en 1949 et qui relève de la FAO (article
XIV), est donc le seul organe multilatéral qui peut mener des actions,
communes aux Etats, pour sauvegarder les pêches de haute mer et pour
harmoniser les efforts de gestion des eaux côtières (promouvoir le
développement, la gestion rationnelle, l'utilisation responsable et la
conservation des ressources marines dans la Méditerranée et la mer Noire).
A l’intérieur
de cet organe intergouvernemental, ses 24 Membres étudient les tendances
de la pêche, partagent les informations, mènent des études scientifiques
conjointes et présentent des recommandations de gestion.
Ces
dernières années (voir les
nouvelles mesures 2005), modifiant ses règlements et sa structure, la
CGPM est devenu un organe intergouvernemental très proactif dans la
gestion régionale des pêches.
Dans ce début
2007, à la
clôture de la session annuelle de la CGPM à Rome, ont été adoptées de
nouvelles mesures de protection des stocks de poisson en Méditerranée.
Les
principales conclusions de la session
concernent :
·
l’accord sur l’utilisation de nouveaux types
de filets plus sélectifs dans les chaluts de fond ; il va permettre une
protection accrue pour des espèces comme le rouget et le merlu, qui
revêtent une grande importance économique, mais qui sont classés par la
FAO dans la catégorie «pleinement exploités» ou «surexploités» ;
·
l’introduction de quelques modifications du
maillage dans le cul du chalut qui permettra de sauvegarder les juvéniles
(qui pourront ainsi s’échapper et se reproduire par la suite) ;
·
l’adoption d’une série de benchmarks servant
à mesurer la capacité des flottes de pêche dans la région et à évaluer
leurs impacts sur les stocks partagés. Ce nouveau système va garantir la
prévision d’un système unifié, concernant tout type de pêche, permettant
ainsi d’émettre des recommandations spécifiques à chaque sous-secteur, ce
qui améliorera la gestion dans son ensemble ;
·
l’approbation de nouvelles règles pour la
pêche au thon, conformément à celles récemment adoptées (voir
Sentinelle) par la Commission internationale pour la conservation des
thonidés de l’Atlantique (CICTA).
En effet, les deux commissions partagent la responsabilité de la gestion
des stocks migrateurs de thon rouge en Méditerranée. Parmi les règles nous
pouvons souligner que le plan prévoit que les thons doivent être débarqués
dans des ports désignés et oblige les pays à détacher des observateurs sur
les bateaux de pêche pour surveiller le respect des règles (lutte à la
pêche IUU).
Selon la FAO,
les stocks de thon rouge dans la Méditerranée sont "appauvris", ce qui
signifie que les prises actuelles sont largement inférieures aux niveaux
historiques. En effet la Méditerranée est surexploitée, ce que conduit à
la recherche d’une
meilleure gestion.
Des
organismes de pêche régionaux, comme la CPGM, et tout particulièrement
pour un espace comme la Méditerranée, sont désormais indispensables pour
l'aménagement des pêches. Si cet aspect semble désormais acquis et
reconnu, il semble plus difficile, soit techniquement soit politiquement,
de garantir que les mesures prises s’orientent vers une véritable gestion
durable des pêcheries. A cet égard, si ces nouvelles mesures vont dans
cette direction d’une gestion durable des pêcheries, elles ne semblent pas
garantir complètement que ces ressources, parmi lesquelles le thon rouge,
ne disparaissent pas des espaces méditerranéens.

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Etats Unis : le Département d’Etat certifie l’importation des Crevettes en
provenance de certains pays
Tidiani COUMA
Le 10 janvier 2007, le
Département d'Etat des Etats Unis a certifié l’importation des
crevettes en provenance de Madagascar. Il a par la même occasion reconduit
la certification des crevettes provenant du Nigeria (v.
communiqué).
Le Département d’Etat a souligné que les produits de ces deux Etats
répondent aux exigences fixées par la Section 609 P.L. 101-162.
Ce n’est pas la première fois que les Etats-unis accordent ces
certifications. Le 28 avril 2006, Ils avaient accordé 38 autres
certifications (voir).
La
Section 609 de la Loi générale, adoptée par les
États-Unis en 1989, s'appliquait aux importations. Elle prévoyait, entre
autres dispositions, que les crevettes pêchées avec des moyens
technologiques susceptibles de nuire à certaines tortues marines ne
peuvent être importées aux États-Unis – à moins qu'il ne soit certifié que
le pays concerné a un programme de réglementations et un taux de prises
accidentelles comparable à ceux des États-Unis, ou que son environnement
halieutique particulier ne menace pas les tortues marines.
De telles certifications sont basées en partie sur des visites de
vérification faites dans les pays concernés par des équipes d'experts du
Département d'Etat et des bureaux du service national des pêches des
États-Unis.

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France – Afrique, Suivi du XXIIIème Sommet
(Bamako, décembre 2005) et Préparation du XXIVème Sommet
(Cannes, février 2007)
Roland ADJOVI |
En décembre 2005, les chefs d’Etat et de gouvernement français et
africains se sont réunis à
Bamako (Mali) pour le XXIIIème Sommet France Afrique, autour du thème
de la jeunesse, et, indirectement, de l’immigration en France et ailleurs
de la jeunesse africaine (Sentinelle
No. 45 du 11 décembre 2005). Des jeunes ont été invités à s’entretenir
avec les dirigeants politiques, et un plan d’action a été mis en place. Ce
16 janvier 2007, s’est tenue à Bamako, une réunion ministérielle de suivi
de ce sommet, l’échéance du prochain étant déjà déterminée et tout
proche : 15 et 16 février 2007 à Cannes (France). Malheureusement on en
sait peu sur le contenu de cette réunion, à part les
propos du ministre français des affaires étrangères. M. Douste-Blazy a
fait le point sur la mise en œuvre française en rappelant la politique de
la France axée sur
« 1) le renforcement des capacités de formation sur le continent
2) le renforcement de la mobilité des compétences
3) le renforcement des mécanismes de co-développement ».
Dès le
15 septembre 2006, le président Chirac avait déjà écrit à son
homologue malien, Amani Toumani Touré, pour commencer à organiser le
XXIVème Sommet. Le 16 janvier 2007, à la fin des travaux de la rencontre
de suivi à Bamako,
le même ministre français des affaires étrangères a exposé l’état de la
préparation du prochain sommet en donnant des indications pratiques
sur les conditions de son déroulement, pour développer ce que le président
français annonçait déjà. Trois corbeilles seront discutées dans le cadre
de tables rondes, à savoir les matières premières en Afrique, la place et
le poids de l’Afrique dans le monde, et l’Afrique et la société de
l’information. Les secrétaires de ces corbeilles feront ensuite un rapport
des débats en plénière. Il faut espérer que les débats soient ouverts car
il y a bien des questions critiques, comme par exemple le débat qui a pris
une tournure judiciaire dans le cadre de l’Organisation
mondiale du commerce, autour des financements agricoles dans les pays
du Nord, notamment pour la production du coton (Afrique Relance,
mai 2003) (OCDE,
Club Sahel de l’Afrique de l’Ouest, 2 septembre 2003) (ROPPA – Réseau
des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de
l’Ouest,
Plan d’action, 14 mai 2004). Le différend tranché dans le cadre de l’OMC
avait exclusivement trait aux Etats-Unis (voir le dossier en ligne :
Etats-Unis – Subventions concernant le coton upland). Ce différend est
transposable entre l’Afrique et l’Européenne mais il reste pour le moment
limité au militantisme civil, et au dialogue multilatéral (OMC, Cycle de
Doha, Comité des négociations commerciales,
Sous-comité du coton) (ICTSD,
Dossier sur
l’initiative des pays africains sur le coton à l’OMC), les
responsables politiques des Etats africains n’ayant pas encore engagé de
procédures judiciaires interétatiques. Ce XXIVème Sommet est donc attendu
pour ses résultats.

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Noémie
SIMONEL |
Le 12ème sommet
Asean et les sommets sous régionaux ont finalement eu lieu du
12 au 15 janvier à Cebu, dans le centre des Philippines.
Initialement prévus en décembre 2006, ils
ont été reportés pour raisons sécuritaires.
Placé sous le thème de «one
caring and sharing community», ce sommet est
en profonde rupture avec la pratique des 40 dernières années. A cet
égard, 5 accords ont été signés, témoins de cette
nouvelle destinée de l’ASEAN dans les domaines politique, économique
et social:
Fondée en 1967,
l'Asean, au cours de ce sommet a accouché, de deux proclamations se
voulant fondatrices d'une démarche
d'intégration régionale. En effet, les dirigeants de l'Asean ont
approuvé à l'unanimité
la Déclaration de Cebu sur le projet de Charte de l'Asean, pour qu'il
serve de base d'une «mini-Constitution» qui cherche à transformer l'Asean
en entité légale avec des règlements. Un groupe de travail de haut rang a
été mandaté par les dirigeants pour l'élaboration de
la Charte de l'Asean."Nous nous engageons à établir une Charte de l'Asean,
comme un important succès de l'Asean depuis 40 ans, pour permettre à
celle-ci de relever les défis et les opportunités dans le futur", ont
indiqué les dirigeants dans leur déclaration commune. Le projet est loin
d'être abouti, mais l'idée de sa réalisation est en soi une rupture rendue
nécessaire par le constat d'une impuissance croissante de l'Asean dans ses
propres affaires. Conformément à cette déclaration, l'Asean, souhaite
rompre avec sa politique de consensus et non-ingérence dans les affaires
intérieures d'un pays membre Le point crucial sera de trouver un accord
sur les conditions dans lesquelles un Etat membre pourrait être suspendu,
voire exclu, pour manquements "aux principes et valeurs communes" du
groupe.
As ASEAN becomes a rules-based organization, there must be implementation
and monitoring of the members' compliance with the charter, Singapore's
Deputy Prime Minister Professor S. Jayakumar said. "And if there are
serious breach of fundamentals, the ASEAN leader should be empowered to
take measures to address that, which may include temporary suspension of
the rights and privileges of members.
In extreme cases, expulsion is not being ruled out.
Pour autant les veto chinois et russes ou
l’abstention indonésienne au projet de résolution américaine, pourtant
mesurée appelant à des réformes politiques en Birmanie, illustrent les
difficultés qui restent encore à surmonter.
De même, cette politique d’intégration
régionale a été illustrée par l’adoption de
la Déclaration
de Cebu sur l'accélération de la création d'une communauté de l'Asean.
Celle-ci vise à renforcer les engagements des pays membres dans plusieurs
domaines cruciaux, notamment les droits de l’homme, la réduction de la
pauvreté, la lutte contre les catastrophes naturelles et les épidémies
telles que le VIH, en vue de la création d'une communauté d'ici 2015.
En matière de droits de l’homme, l’accent
a été mis sur le déploiement des
travailleurs migrants, en particulier des infirmières, dans la région.
Un accord en ce sens avait pu être signé en décembre. Jusqu'à présent,
toutes ces questions tombaient dans le domaine de la non-ingérence dans
les affaires intérieures. Désormais, la convention engage les Etats
signataires à promouvoir et protéger les droits fondamentaux des migrants
même irréguliers, et à leur assurer un travail décent. De même, celle-ci
prévoit une pénalisation pour toutes personnes se prêtant aux trafics
d’hommes.
Parallèlement, une charte des droits de
l’homme est en préparation.
En matière sécuritaire, les leaders de
l’ASEAN ont lancé un nouvel
appel à la Corée du Nord à ne pas procéder à de nouveaux essais
nucléaires et à rejoindre le Traité de non prolifération nucléaire. Ils
ont parallèlement appelé à la pleine application des résolutions 1695 et
1718. Rappelant que la dénucléarisation de la péninsule était une
priorité de la communauté internationale, les dirigeants de l'Asean ont
exprimé leur soutien aux pourparlers à six et à d'autres efforts
diplomatiques pour résoudre la question nucléaire sur la péninsule
coréenne
Lors de ce forum, les Philippines, qui
assument actuellement la présidence de l'Asean, ont proposé l'organisation
d'une réunion bilatérale informelle entre les pays engagés dans les
pourparlers sur le dossier nucléaire dans la péninsule de Corée.
Les dirigeants de Asean ont signé
parallèlement, un
pacte régional de lutte antiterroriste afin de renforcer l'échange et
le partage des renseignements, consolider les capacités pour faire face au
terrorisme et assurer que tous ceux qui participent au financement, à la
planification, à la préparation et à l'exécution des actes terroristes
soient traduits devant la justice. De même, la convention appelle à la
création de procédures d'extradition régionales, qui sont souvent
inexistants entre ces pays aux systèmes judiciaires très différents.
L’Asean reconnaît enfin également par cet
accord, la définition de l’acte de terrorisme telle qu’elle est donnée par
l’ONU, ce qui pourrait à l’avenir, éviter les détentions abusives sous
prétexte de terrorisme.
L’intervention de cette convention
apparaît comme le point culminant des discussions et accords bilatéraux
intervenus après les attaques du 11 septembre.
Au niveau sécuritaire, l’Asean va renforcer sa coopération avec
l'Organisation de coopération de Shanghai, aux termes d’un communiqué
intervenu le 14 janvier. Décrivant l'OCS comme un proche voisin et
partenaire potentiel pour promouvoir la paix, la sécurité et la prospérité
dans la région, les dirigeants de l'Asean se sont engagés à prendre des
mesures afin de renforcer la coopération entre les deux organisations.
L'OSC, une organisation intergouvermentale
créée le 15 juin 2001 à Shanghai a pour objectif principal la promotion de
la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme.
Parallèlement a été conclu dans le cadre
du
second sommet de l’Asie de l’Est une
déclaration sur la sécurité de l'énergie qui prévoit une
politique commune en la matière. Celle-ci vise à une réduction des
énergies fossiles et prévoit la création de réserves énergétiques de
sécurité devant prendre la forme de stocks communs de pétrole brut, dont
ces Etats sont particulièrement dépendants.
La dépendance envers le pétrole est un
facteur de tensions régionales entre plusieurs des économies en pleine
croissance de la zone. Elle a favorisé des accrochages maritimes entre le
Japon,
la Chine,
la Corée du Sud, et alimente des
différends dans les mers du Sud.
Dans ce cadre, la convention prévoit la
recherche de solutions d’énergies alternatives.
Le premier ministre japonais a annoncé
l'ouverture d'un crédit de 2 milliards de dollars financer cette recherche
En contrepartie, le Japon a obtenu l'assentiment général à l'idée, qu'il
n'était pas parvenu à faire passer lors du premier sommet panasiatique de
2005 à Kuala Lumpur, d'une zone de libre-échange. Celle-ci devrait être
mise en place d’ici 2015 promise, soit cinq ans avant la date initialement
arrêtée.
“We agreed to hasten the establishment of the ASEAN Economic Community by
2015 and to transform ASEAN into a region with free movement of goods,
services, investment, skilled labour, and freer flow of capital”.
Pour autant, aucun calendrier n’a été pour
l’instant arrêté.
Cette ambition amènerait une baisse des
barrières douanières à travers une région aux réflexes protectionnistes
encore prononcés.
C’est dans ce cadre que doit être compris
la signature de l'Accord sur le commerce et les services sur la zone de
libre-échange entre la Chine et l'Asean intervenu le 14 janvier 2007,
lors du 10 ème sommet Chine-Asean ,placé sous le thème «de l'ouverture
d'un nouveau chapitre des
relations Chine-Asean"; cet accord facilitera l’accès de l’Asean au
marché des services chinois, et notamment ceux de la banque, des
technologies de l’information et du tourisme.
La zone de libre échange entre Chine-ASEAN,
deviendrait la troisième plus grande zone
Enfin, l’Asean a formulé son soutien au
processus de réforme de l’ONU et a appelé au débogage des négociations de
Doha.
Rappelons qu’au cours de ce sommet,
la France a accédé au Traité d’Amitié et de Coopération en Asie du
Sud-Est.
Le prochain sommet aura lieu en 2007 à
Singapour.
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Quai d'Orsay
Point de presse du 10
janvier 2007
3 - FRANCE/ASEAN
Mme Catherine
Colonna, ministre
déléguée aux Affaires
européennes, se rendra
vendredi 12 et samedi 13
janvier à Cebu, aux
Philippines, dans le
cadre du 12ème sommet
des chefs d'Etat et de
gouvernement de
l'Association des
Nations d'Asie du
Sud-Est (ASEAN). Elle y
représentera la France
pour déposer, à cette
occasion, l'instrument
d'adhésion de la France
au Traité d'amitié et de
coopération (TAC) en
Asie du Sud-Est.
L'adhésion de la France
au TAC illustre
l'intérêt particulier
qu'elle porte à l'Asie
du Sud-Est. L'ASEAN
constitue l'un des
piliers de l'équilibre
régional et peut
contribuer de manière
décisive à la stabilité
du continent.
A l'occasion de ce
déplacement, Mme Colonna
devrait avoir des
entretiens bilatéraux
avec un certain nombre
de ministres participant
à la réunion de l'ASEAN. |
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Comportements des agents économiques incompatibles avec le respect du
droit international
Philippe WECKEL
La question de la participation d'entreprises françaises à la
construction de la barrière de sécurité ou des activités de colonisation
menées par Israël est régulièrement évoquée. Elle vient d'être à nouveau
soulevée au sujet de la participation, semble-t-il, de la société Alsthom
à un appel d'offres pour la construction d'un tramway. Cette
interpellation de journaliste lors du point de presse du Quai d'Orsay est
à rattacher à la problématique complexe des sanctions dont pourraient
faire l'objet les agents économiques qui entravent l'application du droit
international. On citera les exemples de la violation de l'embargo sur
l'Irak ou de la mise en cause de la société Total pour ses activités à
Myanmar. Ils illustrent le caractère hétérogène de ces situations.
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Quai d'Orsay
Point de presse du 16
janvier 2006
3 - PROCHE-ORIENT
Le gouvernement
israélien a récemment
annoncé une
intensification des
efforts de construction
dans certaines colonies
situées en Cisjordanie
et à proximité de
Jérusalem.
Conformément à la
position constante de la
France, nous considérons
que cette démarche, qui
est contraire au droit
international et aux
engagements pris par
Israël au titre de la
Feuille de route,
constitue l'un des
principaux facteurs de
blocage du Processus de
paix et complique les
perspectives d'un
règlement final.
Cette décision envoie
un signal
particulièrement négatif
concernant la volonté de
dialogue et de
rétablissement de la
confiance entre les
parties telle qu'elle
avait été exprimée lors
de la rencontre
importante, le 23
décembre dernier, entre
le Premier ministre
israélien et le
président de l'Autorité
palestinienne.
(Qu'en est-il du
projet de tramway
impliquant des sociétés
françaises ?)
Notre déclaration
fait référence à des
appels d'offres qui ont
été lancés récemment du
côté israélien, d'une
part pour la
construction de nouveaux
logements à Maale
Adoumim et, d'autre
part, pour la
construction de 1000
unités de logements dans
la colonie de Har Homa
qui est située en face
de Bethléem. C'est à
cela que réagit notre
déclaration.
S'agissant du projet
de tramway, nous avons
déjà eu l'occasion d'en
parler ici. Nous
considérons que cela ne
remet nullement en cause
la position française
sur ces questions, qui
est parfaitement connue.
L'action de sociétés
françaises dans le cadre
de contrats de ce type
ne marque évidemment en
aucune façon un
changement de position
des autorités
françaises.
Cela dit, je ne sais
pas précisément où nous
en sommes. J'avoue ne
pas avoir entendu parler
de ce dossier depuis un
certain temps maintenant
et je ne sais pas où en
est une éventuelle
implication de sociétés
françaises dans ce
projet.
Mais je voudrais
redire ici très
nettement et très
fermement ce que nous
avons dit aux
Palestiniens : cela ne
remet nullement en cause
la position officielle
qui est la nôtre.
(Une des parties
peut-elle intenter un
procès contre ces
sociétés françaises qui
violent le droit
international ?)
Je ne veux pas me
prononcer là-dessus. Je
peux me prononcer pour
ce qui est de la
position des autorités
françaises, qui n'a pas
évolué.
(Lorsqu'il y a eu
l'embargo contre l'Irak,
les tribunaux français
se sont occupés de
plusieurs sociétés qui
violaient cet embargo en
traitant avec l'Irak.
Pourquoi n'est-ce pas la
même chose dans ce cas ?
Lorsque Alstom, par
exemple, signe des
contrats contraires à la
loi internationale et à
la position de la
France, les tribunaux
français ne sont-ils pas
censés réagir comme ce
fut le cas pour l'Irak
?)
C'est un problème
juridique, j'avoue que
je ne peux pas me
prononcer. Dans le cas
de l'Irak, vous faites
référence à la
résolution ''pétrole
contre nourriture'' et
au fait qu'un certain
nombre de constatations
avaient été faites par
les Nations unies et
transmises ensuite aux
autorités judiciaires
nationales, ce qui a
conduit, dans certains
cas, à engager des
poursuites. Je ne sais
pas si, dans le cas que
vous mentionnez, quelque
chose de similaire
existe.
(J'aimerais revenir à
votre déclaration
initiale qui semble
assez ferme sur cette
question des colonies.
Etant donné qu'Israël
continue la construction
du mur de séparation qui
semble tracer une
frontière avec l'Etat
palestinien, qui ne
correspond pas du tout
aux critères du Quartet,
ni au souhait de la
France de laisser cette
frontière être négociée,
ne pensez-vous pas que
maintenant l'Etat
palestinien est de plus
en plus mis devant le
fait accompli face à une
frontière
israélo-palestinienne
tracée unilatéralement
par Israël et que cette
décision d'étendre et de
construire de nouvelles
colonies fait partie de
cette stratégie
israélienne ?)
Nous considérons que
la colonisation et
l'extension des colonies
constituent en effet des
actes unilatéraux de la
part d'Israël. Comme
nous le disons dans
notre déclaration, cela
complique les
perspectives d'un
règlement final qui
devra être un règlement
négocié. Tous ces actes
unilatéraux de la part
d'Israël ne font que
compliquer la recherche
d'un règlement final.
C'est contraire au droit
international et
contraire aux
engagements qu'Israël a
pris au titre de la
Feuille de route.
(Il y a une option
qui a été évoquée en
Israël et dans les
Territoires
palestiniens, consistant
à remettre sur la table
une vieille idée qui
concernerait la mise en
place d'un Etat
palestinien provisoire,
quel est votre avis ?)
Notre perspective est
claire, c'est la
perspective de deux
Etats co-existant côte à
côte et en sécurité.
J'ai vu les propos de
M. Abbas qui se prononce
contre une solution
temporaire. Je dirai que
c'est davantage un
problème lié à la
négociation et à la
dynamique de
négociation.
Je le redis, ce qu'il
faut, c'est que les deux
parties acceptent de
dialoguer, de négocier.
Ensuite, pour
l'enchaînement des
différentes étapes, nous
avons la Feuille de
route qui nous donne un
cadre et cela dépend
aussi très largement de
l'accord des deux
parties. Je n'ai donc
pas à me prononcer
directement sur ce
point, mais la
perspective est claire,
c'est la perspective de
deux Etats vivant côte à
côte et en sécurité.
(Je souhaiterais
revenir un bref instant
sur le point de presse
d'hier et sur vos
commentaires concernant
la visite de Mme Rice
dans les Territoires
palestiniens. Les
Etats-Unis se sont
engagés à fournir une
quantité importante
d'argent, plusieurs
dizaines de millions de
dollars, pour la
formation et l'armement
du Fatah dans un
contexte qui est tout de
même très difficile,
très conflictuel dans
les Territoires.
Estimez-vous que ce type
d'action à l'heure
actuelle est productif
pour trouver un
apaisement dans cette
situation et aussi pour
favoriser la
réconciliation
palestinienne que la
France souhaite ?)
Sur la visite de Mme
Rice, nous avons eu
l'occasion de nous
exprimer en relevant un
certain nombre
d'éléments positifs dans
ce qui a été dit et en
relevant notamment la
volonté américaine de
relancer le Processus de
paix. Il y a cette
perspective de réunion
tripartite, nous verrons
ce qu'elle donne, mais
si cela s'inscrit dans
le prolongement de la
rencontre entre M. Olmert
et M. Abbas du 23
décembre, c'est quelque
chose qui peut
évidemment être positif.
De même, nous
continuons à demander
une réunion rapide du
Quartet. Je ne sais pas
précisément à quelle
date il va se réunir,
mais nous souhaitons que
le Quartet se réunisse
vite maintenant.
Pour répondre plus
précisément à votre
question sur le
financement des forces
de sécurité
palestiniennes, c'est un
choix qui est fait par
les Etats-Unis. Ce que
je peux vous rappeler,
c'est la position de
l'Union européenne.
L'Union européenne a
mis en place un
mécanisme qui finance
notamment un certain
nombre de secteurs
sociaux, des salaires
dans le domaine de
l'éducation et de la
santé. C'est le choix
qui a été fait par
l'Union européenne et je
ne veux pas me prononcer
sur les choix faits par
les Américains dans ce
domaine.
Nous souhaitons que
les Palestiniens
puissent travailler
ensemble et puissent
mettre en place ce
gouvernement que l'on
attend maintenant depuis
quelque temps, qui
prenne en compte les
principes du Quartet.
(La décision
américaine de n'armer
qu'un seul côté et de ne
former qu'un seul côté
alors qu'il existe des
forces de sécurité des
deux côtés créera sans
doute un déséquilibre.
Cela poussera l'autre
partie à rechercher des
financements pour son
armement ailleurs, alors
que les Occidentaux ont
indiqué plusieurs fois
qu'ils souhaitaient
soustraire le Hamas aux
influences extérieures.
Ne craignez-vous vous
pas que cela conduise à
un conflit durable entre
les Palestiniens ?)
Je comprends bien
votre raisonnement. Je
le redis, je ne veux pas
émettre de jugement sur
le choix qui est fait
par les Etats-Unis en la
matière. Ce n'est pas le
choix qui est fait par
l'Union européenne qui
concentre son aide dans
des domaines sociaux,
éducatifs, en ayant le
souci d'apporter une
aide là où elle est
nécessaire et en ayant
également le souci de
favoriser le
développement des
Territoires et une
réconciliation entre les
Palestiniens. Je
comprends ce que vous
dites et je comprends
vos arguments, mais je
n'ai pas d'autre
commentaire à faire à ce
sujet. |
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S'agissant de l'extrait ci-dessus, on doit encore
relever que, dans sa condamnation, la France ne reconnaît pas une
éventuelle spécificité de la colonie de peuplement de Maale Adoumim
par rapport à d'autres implantations dans les territoires occupés.
Les autorités israéliennes ont finalement annoncé la suspension des
appels d'offres. Toutefois, cette décision ne concerne que la
colonie de Har Homa située près de Bethléem (destinée à recevoir des
personnes déplacées de Gaza) et non pas Maale Adoumim.
Rares sont les Israéliens qui sont en mesure
d'imaginer que cette implantation située près de Jérusalem devra
être abandonnée après la conclusion de l'accord de paix. Et
pourtant, l'impensable est une possibilité vraisemblable. Il n'y a
pas, en effet, d'expérience plus difficile que celles des
négociations de retrait menées par une autorité coloniale ou
d'occupation. Conserver le pétrole du Sahara algérien, garder
Bizerte, allons donc ! Israël voudra des garanties de sécurité,
l'abandon du droit au retour des réfugiés et des concessions
territoriales, mais il n'apportera en contrepartie que le transfert
d'une terre qu'il ne possède pas légitimement. Et toute concession
arrachée pendant la période de transition sera remise en question
par la suite. Le sort réservé aux accords d'Alger le confirme. Il
est certes souhaitable que le règlement définitif du conflit tienne
compte, dans la mesure du possible, de l'intérêt des populations et
des situations de fait créées par l'occupation. Mais pour que cette
considération raisonnable puisse influencer le partage territorial,
Il faudra nécessairement qu'un climat apaisé et serein ait été
établi au préalable dans les rapports entre Israéliens et
Palestiniens. Une telle évolution ne saurait dépendre de l'une des
parties seulement, mais les Israéliens doivent prendre conscience
des efforts considérables qu'ils ont à fournir dès maintenant en
direction des Palestiniens et du handicap que représente la position
d'occupant : la force, celle de l'occupant, est une grande faiblesse
dans la négociation. Pour la France, le désastre du référendum
sarrois a été complètement effacé par la création de la CECA et le
Traité de Paris. Il est donc toujours possible de sortir par le haut
de la pire des situations. |

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